Cardinal Hugues Roger - armoiries

 

APERÇU HISTORIQUE DES ROGER AU CANADA

 

Première génération

 

GABRIEL ROGER ET MARIE DE LACOUR

 

Notre premier ancêtre canadien est originaire du Poitou. Le Poitou est une ancienne province de France, située sur l'océan Atlantique et bornée au nord par la Bretagne et l'Anjou, au sud par la Saintonge et l'Aunis et à l’est par le Limousin.

 

C'est dans cette province, dans un bourg qui portait un nom bien sympathique, le bourg de Ste-Verge (Bressuire, évêché de Poitiers), qu'est né notre premier ancêtre canadien, Gabriel Roger, en l'an 1636, du mariage de René Roger et de Jeanne Augéarde.

 

Il est intéressant de noter qu’au moins trois ancêtres canadiens sont originaires du petit bourg de Ste-Verge comptant à peine 210 feux (foyers, domiciles) en 1750 : Jean Julien, né vers 1639, Jean Boucher, dit Belleville, né vers 1659, et Gabriel Roger. Qu’est-ce qui a incité ces braves gens à quitter leur mère-patrie pour affronter les défis du Nouveau Monde?

 

Au début de 1661, Louis XIV assume le pouvoir véritable et charge son ministre Jean-Baptiste Colbert de réorganiser la Nouvelle-France. En 1663, la population de la Nouvelle -France se situe à 2 500 personnes alors que la Nouvelle-Angleterre en compte 80 000. 

 

Jean Talon, l’homme de confiance de Colbert, est  nommé le premier intendant de la colonie. Plusieurs mesures sont prises pour donner sécurité et postérité à la colonie :

 

 

 

C’est dans ce contexte que Gabriel Roger prend la route pour l’Amérique. On devrait plutôt dire prend le bateau pour l’Amérique… Nous n'avons pas de date précise à laquelle Gabriel, alors orphelin, émigra au Canada.

 

Le 16 juillet 1665, notre ancêtre apparaît pour la première fois dans les registres de la Nouvelle-France à Château Richer, municipalité sise légèrement à l’est de Québec. Il est cité dans l’acte de baptême de Gabriel Rouleaux, fils de Gabriel Rouleaux et Mathurine Leroux de l’Île d’Orléans. Il est possible qu'il soit arrivé au Canada quelques années plus tôt s'il faisait partie du Régiment de Carignan-Salières. Les dates semblent concorder et le fait que Gabriel soit orphelin vient soutenir cette hypothèse. De plus, nous avons noté la présence d’un officier du régiment de Carignan au mariage de Gabriel, selon le contrat de mariage. Nous n’avons pu étayer notre hypothèse d’aucune preuve formelle. Nous continuons notre recherche dans ce sens.

 

Louis-Philippe Turcotte dans son Histoire de l'Île d'Orléans mentionne que Gabriel Royer (Roger; il s'agit évidemment d'une erreur) se fixa dans l'Île d'Orléans en 1667.

 

Gabriel obtint en 1667 une concession de Mgr de Laval à St-Jean de l’Île d’Orléans. Une copie de cette concession apparaît dans la section Documents. Les Archives de Québec nous fournissent les informations suivantes quant à la terre No 21, Nos de cadastres 41 et 42 :

           

            * Le 2 juin 1667, concession de Mgr de Laval à Gabriel Roger (1639-99),

            3 arpents.

 

Gabriel n'est pas porté sur les listes du recensement des années 1666 et 1667. D'autre part, nous constatons son mariage au mois d'octobre 1669, alors qu'il est rapporté comme habitant de l'Île d'Orléans.

 

Les citations qu’on retrouve du mariage de notre premier ancêtre en Nouvelle-France sont les suivantes : les minutes du notaire Becquet en date du 14 octobre 1669 et les registres de l'église de Notre-Dame de Québec, en date du 30 octobre de la même année. Ce sont son contrat de mariage et son acte de  mariage. Le contrat de mariage est inclus dans la section Documents. Ce sont des documents bien précieux pour la famille Roger. Ce contrat notarié, vieux aujourd'hui de plus de 340 ans, est l'acte solennel par lequel Gabriel Roger brisait les liens qui l'attachaient à sa famille et au bourg de Ste-Verge, et se fixait définitivement dans une nouvelle patrie. Il créait ainsi une nouvelle famille de Roger en Amérique dont il serait le chef et le fondateur.

 

En effet, le 30 octobre 1669, Gabriel convole en justes noces avec Marie de Lacour, appelée la comète, fille de Guillaume de Lacour et de Marie Birra de Saint-Germain d’Auxerre. Marie est née en 1644. La famille de Marie était originaire de Paris où Guillaume exerçait le métier de  maître-menuisier en la paroisse de  St-Germain l'Auxerrois. Lors de sa venue au Canada, Marie était orpheline et était sous la  protection de Madame Anne Gasnier, veuve de maître Jean Bourdon, lequel avait été écuyer, Seigneur de St-Jean et de St-François, et procureur général au Conseil Souverain.

 

Le contrat de mariage fut rédigé par le Notaire Becquet le 14 octobre 1669 selon « l’advis et consentement de leur amys communs pour ce assemblés a cavoir : » Monsieur Maistre Jacques de Cailhault de la Tesserie, conseiller du roi au Conseil Souverain de ce pays, avec sa future épouse Éléonore de Grandmaison, Dame Anne Gasnier, veuve de feu Maistre Jean Bourdon, Seigneur de St-Jean et de Saint fran., Procureur général au Conseil Souverain, et Valentin Frappier, sieur de Beauregard, lieutenant d’une compagnie d’infanterie au régiment de Carignan.

 

Le site Internet de la Société des Filles du roi et des soldats du Carignan, Inc. (SFRSC) nous apprend que Marie faisait partie des  « Filles du roi ». La liste alphabétique des Filles du roi selon ce site nous fournit l’information suivante :

 

“De Lacour, Marie, m. Roger, Gabriel, 12 oct., 1669, (450 livres de dot) (Références: Landry, Yves: Les Filles du roi au xvii'ème siècle (Leméac, 1992); Jetté, René: Dictionnaire généologique des Familles du Québec (Les Presses de l'Univ. de Montréal, 1983).”

 

Peu après leur mariage, Gabriel et sa jeune épouse s'établissent sur la ferme de Gabriel située à Ste-Famille de l'Île d'Orléans, seule paroisse desservant alors l'île. C'est dans cette paroisse que nous retrouvons les actes de baptême de tous leurs enfants, sauf le premier, Jean-Baptiste, né le 6 septembre, 1670, lequel fut baptisé le 7 septembre à l'église de Notre-Dame de Québec. Il est intéressant de noter que l'intendant Jean Talon fut le parrain de ce premier enfant, ce qui démontre que la famille Roger entretenait d'étroites relations avec les meilleures familles du pays.

 

Marie donna aussi naissance à quatre autres garçons, soit :

 

 

 

 

 

Il est intéressant de noter qu’en 1672, La Nouvelle-France comptait 6 700 habitants alors que la Nouvelle-Angleterre en comptait 120 000. En la même année, Louis Buade de Frontenac devient gouverneur général de la Nouvelle-France.

 

Gabriel avait du caractère et ne s’en laissait pas imposer. Il comparaît devant le

Conseil Souverain le 17 avril 1673 pour un différend avec son voisin Jacques Bidet. Ils doivent régler ce différend devant monsieur le curé Duplein. L’histoire ne dit pas de quelle façon le différend fut réglé…   

 

Le 3 octobre 1674, Gabriel achète une terre de Gervais Rocheron à St-Jean de l’Île d’Orléans, à condition qu’il abatte deux arpents de bois sur sa terre de Sainte-Famille. L’enregistrement dans les Archives de Québec suit :

 

« Terre No 23, (Nos de cadastre 46, 49 et 50):

de Gervais Rocheron, de 3 arpents

 

§  1674, 3 octobre, vente de Gervais Rocheron à :

 

§  Roger, Gabriel (1641-1699), 3 arpents »

 

Le site Internet « Purfest Genealogy » nous apprend que Marie de Lacour fut la marraine de Marie Brochu qui est née dans la paroisse St-Jean de l’Île d’Orléans le 13 juillet 1675. Les Brochu était les voisins des Roger du côté ouest.

 

Gabriel I fut le parrain de Jeanne Bidet, fille de Jacques Bidet et de Françoise Desfosses, et baptisée le 24 janvier 1676.

 

Gabriel eut la douleur de perdre son épouse Marie le 19 octobre 1677. Or, elle avait donné naissance à Louis, son cinquième garçon, le 9 octobre 1677, soit dix jours avant son décès. Il est donc très probable qu’elle soit décédée des suites de son accouchement. Nous n’avons pu retracer son acte de sépulture.

 

Le recensement général de 1681 nous fournit les renseignements suivants :

 

 

 

Nicolas et Joseph Roger apparaissent sur une liste de confirmation en date du 4 avril 1684.

 

Dans la généalogie des Brochu, on mentionne que le 17 octobre 1684, Jean Brochu et Jacques Bidet prennent à ferme (céder jouissance d’un domaine agricole contre redevance) pour cinq ans la terre de Gabriel Roger, leur voisin commun. Chacun des deux voisins cultive sa nouvelle moitié.

 

Gabriel était de nature généreuse. Suite à quelques semaines d’hospitalisation, et en reconnaissance pour des soins reçus, il promet le 7 mars 1687 de verser aux pauvres de l’Hôtel Dieu de Québec, la somme de 10 livres pendant cinq années consécutives. Le 24 mai suivant, alors qu’il était toujours hospitalisé, il devait pourtant la somme de 52 livres à Claude Dubreuil.

 

Gabriel fait procéder à l’inventaire de ses biens par le notaire Étienne Jacob le 15 novembre 1687. Ses biens meubles sont évalués à 653 livres. Il possède deux terres dont une de six arpents en valeur (Terre No 23?) et l’autre de dix-huit arpents en valeur (Terre No 21?). Il possède une maison de vingt-deux pieds par dix-huit pieds. Le notaire prépare aussi un acte de tutelle pour les enfants mineurs de Gabriel (Étienne Jacob, #72 et 721/2) : Jean-Baptiste âgé de 17 ans, Gabriel 16 ans, Nicolas 13 ans, Joseph 12 ans et Louis 10 ans.

 

Le 17 novembre 1687, Gabriel épouse en seconde noces Marie-Louise Beaupère (Bolper), 36 ans, en l'Église de St-François. Marie-Louise est née en 1651, du  mariage de Gilles Beaupère et de Nicole Richer. Elle était native de Pont-Tranchefêtu, France, où demeurait son père Gilles. Aucun enfant ne naît de cette union.

 

Marie-Louise faisait aussi partie des « Filles du roi ». Elle avait reçu une dot de 350 livres lors de son premier mariage le 12 octobre 1671 avec François Marceau alors qu’elle était une orpheline âgée de vingt ans.

 

Gabriel fut nommé tuteur des cinq enfants issus du premier mariage de Marie-Louise, soit Jacques-François, né le 7 septembre, 1672, Reine ou Marie-Reine, née le 5 mars, 1676, Louis, né en avril, 1678, et Suzanne, née le 28 décembre, 1680. Les enfants de Gabriel et de Marie-Louise vécurent tous sous le même toit.

 

L’histoire nous dit que Gabriel avait fait affaires avec François Marceau, le père de Marie-Louise,  et que les deux étaient très liés. Lors du décès de François, celui-ci devait 65 livres à Gabriel pour l’achat de diverses fournitures. Le fait que Gabriel et François venaient tous les deux du Poitou, tous les deux Poitevins (Ste-Verge pour Gabriel et Thiré pour François), pourrait être à l’origine de leur solide amitié, amitié qui s’est soldée par deux mariages entre les deux familles : Gabriel a marié la veuve de François, et… le fils de Gabriel, Joseph, a épousé Marie-Reine Marceau, fille issue du premier mariage de Marie-Louise et de François. Ainsi, Gabriel était le beau-père de l’épouse de Joseph à deux comptes…

 

Le site de généalogie (Internet) des Marceau (http://pages.infinit.net/fidele/hmarceau2.htm) mentionne que Marie-Louise Bolper était une « personne attachante » et que Gabriel, son second mari, était « un homme instruit et délicat… (et) qu’il était un grand ami de la famille (Marceau) ».

 

Le Dictionnaire biographique des ancêtres québéçois (1608-1700) de Michel Langlois nous apprend les faits suivants :

 

« Le 8 août 1688, il (Gabriel) engage son fils Jean-Baptiste âgé de dix-huit ans comme apprenti pour deux ans chez Jean Dubois, moyennant son logement, sa nourriture et 90 livres au terme de son engagement.

 

Le 5 juin1690, il (Gabriel) engage son fils Nicolas (âgé de 16 ans) , alors domestique du major Prévost à Québec, comme apprenti tonnelier chez André Jorian pour quatre ans, moyennant son logement, sa nourriture, son entretien et un habit neuf, six chemises, 30 livres tournois et une « tille taillefer » pour ses outils de compagnon, au terme de son engagement. »

 

La propriété (Terre 21) de Gabriel I apparaît à la carte Villeneuve issue en 1689, dans la paroisse St-Jean, sous le numéro 15. Par contre la propriété acquise de Monsieur Rocheron n’apparaît pas sur la carte. Les Archives de Québec contiennent l’enregistrement suivant :

 

« Terre No 23, de Gervais Rocheron, de 3 arpents

 

§  1689, carte de Villeneuve, p. 170, cette terre de Gabriel Roger a été omise »

 

Toujours en 1689, la population de la Nouvelle-France se chiffre à 15 000 habitants alors que celle de la Nouvelle Angleterre s’élève à 200 000.

 

Le 16 octobre 1690, Les Anglais tentent de prendre Québec. L’assaut se fait sous les ordres de Sir William Phipps. Un émissaire vient sommer le gouverneur Frontenac de se rendre. Frontenac lui fait cette célèbre réponse : « Je n’ai pas de réponse à faire à votre général que par la bouche de mes canons… » Les anglais bombardent Québec pendant deux jours, mais leurs coups demeurent vains. Les Anglais lèvent l’ancre.

 

Par contre, les récoltes sont particulièrement mauvaises en 1690, et il existe une extrême misère dans la colonie l’année suivante. En 1692, la perte de nombreux navires vient ajouter à la misère. L’anguille devient la « manne de l’Habitant ».

 

Le 12 août 1694, Joseph, le quatrième fils de Gabriel, épouse Marie Reine Marceau. 

 

Gabriel est décédé le 24 juillet 1699, et fut inhumé le jour suivant à St-Jean, Île d'Orléans. Il avait soixante ans.

 

Le 3 février 1701, Marie-Louise épouse en troisième noces Antoine-Olivier Quinniart, dit Duplessis, sergent de la marine.

 

Des cinq fils de Gabriel I, deux seulement ont survécu à leur père, soit Gabriel II et Joseph. En effet, les Archives de Québec font état des faits suivants:

 

« Terre No 21, de Gabriel Roger (1641-99) de 3 arpents (concession originale de Mgr de Laval)

 

§  Roger, Gabriel (père), décédé il y a 3 mois, et partage, le lendemain.

 

§  1702, août 1702, partage entre Gabriel Roger (fils), chirurgien, de la Rochelle, de passage à Québec, et Joseph Roger (1676-1738), son frère, fils de feu Gabriel Roger (1639-99) et de feue Marie de Lacour ( - 1677), chacun héritier pour une moitié franche, par la mort de Louis, Jean (Jean-Baptiste) et Nicolas Roger, leurs frères, décédés après leur mère, mais avant leur père.

Cette terre revient à :

 

§  Roger, Gabriel, fils (1672-1710), chirurgien (de La Rochelle), 3 arpents

 

§  1707, 10 février, vente de Gabriel Roger, chirurgien, de La Rochelle, de passage à Québec, à :

 

§  Fortier, Jean-Baptiste (1681-1739), de St-Laurent, 3 arpents. »

 

Cette vente de 3 arpents de terre de Gabriel II Roger à Jean-Baptiste Fortier est tout à fait inattendue et surprenante pour nous. Gabriel II est le frère de notre ancêtre paternel Joseph (fils de Gabriel I) alors que Jean-Baptiste Fortier est le frère de notre ancêtre maternel Pierre-Noel Fortier. En effet, ma mère se nomme Marie Jeanne Fortier et son premier ancêtre Fortier arrivé au Canada est Antoine Fortier, le père de Jean-Baptiste Fortier.     

 

« Terre No 23, de Gervais Rocheron, de 3 arpents

 

§  1699, 5 novembre, inventaire de feu

 

§  Roger, Gabriel, décédé il y a 3 mois (veuf de Marie de la Cour, remarié à Marie-Louise Bolper, veuve de François Marceau); et partage le lendemain

 

§  1702, 2 août, partage entre Gabriel Roger (fils), chirurgien, de la Rochelle, de passage à Québec, et Joseph Roger (1676-1738), son frère, fils de feu Gabriel Roger (1639-99) et de feue Marie de Lacour ( - 1677), chacun héritier pour une moitié franche, par la mort de Louis, Jean (Jean-Baptiste) et Nicolas Roger, leurs frères, décédés après leur mère, mais avant leur père.

Cette terre revient à :

 

§  Roger, Joseph (1676-1738), 3 arpents

1709, carte de Catalogne »

 

Nous n’avons pu retracer les faits entourant « l’inventaire de feu » de la Terre No 23. Cet inventaire eut lieu en novembre 1699 alors que Gabriel I est décédé en  juillet de la même année. Nous n’avons pu établir non plus les dates et causes de décès des trois enfants de Gabriel I, soit Jean-Baptiste, Nicolas et Louis. Nous ignorons s’il y a une relation causale entre la mort de Gabriel I, ses trois fils et l’incendie.

 

Ainsi donc, deux des fils de Gabriel I ont survécu à leur père, soit Gabriel II et Joseph. Gabriel II s’est installé d’abord à La Rochelle, France, et ensuite à l’Île St-Jean en Acadie. Quant à Joseph, il demeura à l'Île d'Orléans, et fut l'ancêtre de notre lignée.

 

 




Deuxième génération

 

GABRIEL ROGER ET ÉLISABETH GAUTRON

 

Gabriel Roger est né le 8 avril 1672 et fut baptisé le 23 avril de la même année à Ste-Famille, Île d’Orléans. Il est le fils de Gabriel Roger et de Marie de Lacour. Nicole Saulnier, l’épouse de Jean Brochu, et Nicolas Durand, les deux voisins des Roger, furent les marraine et parrain de ce 2ème fils de Gabriel Roger (Gabriel II).

 

Gabriel II apparaît sur deux listes de patients de l’hôpital Hôtel-Dieu de Québec les 24 juin et premier juillet 1690. Les listes indiquent qu’il est alors âgé de 17 ans et qu’il demeure à St-Jean, Île d’Orléans.

 

Le 16 janvier 1702, Gabriel II convola à La Rochelle avec Élisabeth Gautron, fille d’André Gautron et de Jeanne de la Noue.

 

Les Archives du Québec relatant le partage des biens de Gabriel I le 2 aout 1702 nous informent que Gabriel II était rentré en France où il exerçait la profession de chirurgien à La Rochelle.

 

Le 10 novembre 1702, Gabriel apparaît aux registres de la paroisse St-Jean en tant que parrain de Marguerite Cochon, fille de Louis Cochon et de Catherine Dumast. 

 

Gabriel et Élisabeth donnèrent naissance aux deux enfants suivants :

 

 

 

Marie Françoise Douville née le 18 janvier 1734 à l’Île St-Jean, mariée à Louis Charles Talbot le 26 novembre 1739 à l’Île St-Jean, déportée à St-Malo (France) et décédée le 5 mars 1759.

 

Anne-Marie Douville, née le 18 janvier 1726 et mariée à Jean Bageaud.

 

Jacques Douville, né le 18 avril 1728 et marié à Judith Quinine.

 

Jean-François Douville, né le 10 octobre 1731 et décédé à l’âge de 21 ans en 1752.

 

Julien François Douville, né le 6 avril 1736 et décédé vers 1751.

 

Louise Gabriel Douville, née le 14 janvier 1738, mariée à François Michel Bonnnière, déportée et décédée à St-Malo (France) vers 1760.

 

Louis Gabriel Douville, né vers 1736 et décédé vers 1752.

 

Philippe Auguste Douville, né le 12 août 1742 et marié à Marie Julienne Letourneur.

 

Pierre Douville, né le 7 août 1745, marié à Cynthia Aborn et décédé vers 1794.

 

Marguerite Douville, décédée en 1759 durant sa déportation.

 

En juillet 1755, le Conseil exécutif de la Nouvelle-Écosse prend la décision unanime de déporter 15 000 Acadiens au cours de l’été et de l’automne parce que (selon l’avis du Conseil) ils refusent de signer le serment d’allégeance au souverain d’Angleterre, ils ne s’assimilent pas assez vite et ne sont pas de bons sujets britanniques.

 

Marie Élisabeth fut déportée à St-Malo (France) en 1758. Elle revint aux îles St-Pierre et Miquelon avec ses enfants Françoise, Philippe et Pierre. Elle est ensuite retournée à St-Malo le 10 novembre 1778 avec Françoise et Philippe. Elle est décédée à St-Pierre et Miquelon en 1785. Elle était alors âgée de 76 ans.

 

Le 2 octobre 1707, Gabriel II assiste au baptême d’Élisabeth Brochu, fille de Jean Brochu et de Marie Delaune à la Durantaye. Nicole Saulnier, la marraine de l’enfant, était aussi la marraine de Gabriel II.

 

Le 18 février 1710, Gabriel II, marchand de La Rochelle, créditeur et légataire unique de feu Joseph Blay, vend une terre à Joseph Allaire pour la somme de 460 livres (Notaire Chambalon).

 

Le premier mai 1712, Gabriel II apparait dans les registres de la ville de Québec en tant que parrain d’Anne Catherine Lacoudray, fille de Jean Baptiste Lacoudray et de Catherine Agnès Gautier. 

 

Le 19 décembre 1715, Gabriel II est cité dans les registres de la ville de Québec en tant que parrain de Gabrielle Geneviève Cain, fille d’Henri Cain Lataille et de Marie Jeanne Gacien.

 

« Le serment de l’Ile royale »  (http://daniel_burgot.club.fr/html/capbreton/porttoulouse3.htm) cite que « dès 1714, Port-Toulouse (sur l’Île Royale, en Acadie) abrite des familles de pêcheurs, des négociants, des charpentiers de marine. Outre les familles acadiennes présentes à Port- Toulouse vivant de la pêche, il existe des marchands français, (Gabriel Roger, marchand de la Rochelle, et Jean Baptiste Alleon, originaire de Saint Etienne en Forez, y établissent une société de pêche à partir de 1715), qui employèrent des Acadiens. » Le serment de l’île royale explicite cette entente entre Gabriel Roger et Jean-Baptiste Alleon :

 

« Nous soussignez (sic) Gabriel Roger marchand de La Rochelle et Jean Baptiste Alleon de Saint Etienne en Forez de présent à l’Île Royale sommes convenus de ce qui suit :

Premièrement (…) moy Gabriel Roger m’oblige à fournir la somme de trois mille livres en effet propre pour le commerce de la pêche et autre que nous ferons ensemble et moy Alleon m’oblige de fournir une pareille somme de trois mille livres dans tout le courant de l’année prochaine en effets et marchandises propres pour notre commerce.

Deux : …

Trois : que nous mettons pour l’année prochaine huit chaloupes en pêche, que nous entrerons pour moitié dans tous les frais, tant des chaloupes à gréer et apparaux que nous serons obligés d’acheter ainsi que nous prendrons des équipages tant pêcheurs qu’autres personnes nécessaires pour la ditte pêche le tout faisant la ditte société. »

 

Par ailleurs, dans le guide du sanctuaire de Ste-Anne de Beaupré, nous pouvons lire en page 169 l’annotation suivante concernant un don de reconnaissance reçu en 1716 : « Reçu de Monsieur Roger la somme de 124 livres pour une messe solennel et un tableau». Le tableau mesure 7 pieds et 9 pouces par 6 pieds et représente un bateau de guerre pris dans la glace et dérivant vers les récifs. Les marins, armés de gaffes, poussent sur les glaces pour les éloigner du bateau. Sur le pont du bateau, les passagers sont en prière alors qu’en haut du tableau, sainte Anne se manifeste comme protecteur. Ce tableau est conservé au musée de la basilique et porte le numéro 70 sur la liste des artéfacts.

 

J.P. Asselin, un rédacteur des Annales de Ste-Anne, fournit l’interprétation suivante : « il est probable que Monsieur Roger était le marchand qui a contribué au sanctuaire. Il s’agit de Gabriel Roger, époux de Marie-Louise Bolper, veuve de François Marceau. (Annales de Sainte Anne, 1958, page 325). » Bien sûr les dates ne coïncident pas puisque Gabriel I est décédé en juillet 1699. J. P. Asselin erre en identifiant Gabriel I comme le donateur du tableau, comme le démontre les dates. Il est fort probable qu’il s’agisse de Gabriel II Roger car ce dernier se trouvait effectivement à Québec en 1715 et à l’Île Royale en 1715-1716 alors que le tableau fut offert en 1716.

 

En 1720, Gabriel II et Élisabeth s’établissent à St-Pierre du Nord, Île St-Jean, en Acadie; cette localité est maintenant devenue St-Peter’s Harbour, sur l’Île du Prince Édouard.

 

Le 26 novembre 1739, Gabriel II apparait au certificat de mariage de sa petite-fille, Marie- Françoise Douville, à l’Île St-Jean.

 

Gabriel II et Élisabeth sont décédés à St-Pierre du Nord, Île St-Jean, en Acadie.

 

 

JOSEPH ROGER ET MARIE-REINE MARCEAU

 

Le 29 avril 1676 naquit Joseph Roger, fils de Gabriel Roger et de Marie de Lacour. Joseph fut baptisé le premier mai à Ste-Famille de l'Île d'Orléans.

 

Le 20 avril 1694, à St-François, Joseph convole en justes noces avec Marie-Reine Marceau, née le 5 mars 1676 à Ste-Famille, Île d’Orléans, et fille de François Marceau et de Marie-Louise Beaupère (Bolper).

 

Nous avons mentionné précédemment que Gabriel I, le père de Joseph, avait épousé en seconde noces Marie-Louise Beaupère (Bolper). Or, Marie-Reine Marceau était la fille issue du premier mariage de Marie-Louise Beaupère (Bolper) et de François Marceau. Marie-Louise avait eu plusieurs enfants de son premier mariage. Les deux familles avaient vécu sous le même toit et le mariage de Joseph et de Marie-Reine est une preuve de la bonne entente qui existait entre les deux familles. Qu’on en juge par l’anecdote qui suit!

 

Le site Internet « Bob’s Genealogy Site » relate une série d’événements assez tragiques concernant Suzanne Marceau, née le 28 décembre 1680, fille cadette de Marie-Louise Bolper et François Marceau, et donc sœur de Marie-Reine Marceau. Elle devait prendre Joseph Roger comme légitime époux  et avait conclu un contrat de mariage à cet effet. Le mariage fut cassé en faveur de sa sœur Marie-Reine. Suzanne a épousé par la suite le soldat breton Jean Cojean le 7 septembre 1699. Tragiquement, Suzanne est décédée une semaine après la naissance de son premier enfant le 3 mai 1700.

 

Joseph et son épouse joignirent leur père Gabriel sur ses  terres de l'Île d'Orléans. Gabriel décéda cinq années plus tard. La propriété de Joseph (Terre No 23) est citée sur la carte dite Catalogne datant de 1709, dans la paroisse de St-Jean de l’Île d’Orléans, sous le numéro 187. 

 

Au cours du XVIIIe siècle, la Nouvelle-France du Saint-Laurent est de plus en plus fréquemment appelée le Canada. En 1715, la population du « Canada » se chiffre à

18 500 personnes alors que la Nouvelle-Angleterre en compte 434 000. Toujours en 1715, Louis XIV décède et c’est son arrière-petit fils, Louis XV, âgé de cinq ans, qui lui succédera sur le trône. En attendant, le duc Philippe d’Orléans assume l’intérim.

 

Joseph et Marie-Reine donnèrent naissance aux onze enfants suivants:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Joseph eut la douleur de perdre son épouse, Marie-Reine Beaupère (Bolper) le 2 janvier 1724; elle était âgée de 47 ans. L'acte de sépulture apparaît aux registres de la paroisse de St-Nicolas.

 

Entre 1696 et 1721, Joseph est cité dans de nombreux actes de mariage (Joseph Dallaire et Madeleine Bidet, Jacques Grefar et Jeanne Terrien, Thomas Daniel et Suzanne Lefebvre, Pierre Dubreuil et Marie Françoise Gilbert et autres), de baptême (Geneviève Laisne, Joseph Marceau, trois jumeaux François, Georges et Catherine Houimet et autres), et spécialement de sépulture (18 sépultures dont les 3 jumeaux mentionnés ci-haut, Émery Bloing, Geneviève Gobille, Jasmin, Marie Cochon Laverdière, Marie Fera, Madeleine St-Jean, Marie Madeleine Plante, Jean Brochu, Étienne Terrien, Robert Rivière, Vincent Xaintonge et autres). Joseph est quelques fois le seul nom cité à l’acte de sépulture outre la personne décédée et le prêtre. La fréquence inusitée des citations de Joseph aux actes de sépulture et sa présence seule outre celle du prêtre sont énigmatiques. Il est possible qu’il exerçait une fonction officielle liée aux sépultures. Cette hypothèse est intéressante car mon père, plusieurs de mes oncles, grands parents et arrière-grands-parents tenaient un magasin général en face de l’église et exerçaient justement de telles fonctions : faire la toilette du décédé, creuser la fosse pour la sépulture, sonner l’angélus et les glas, conduire le corbillard et autres.

 

Le 23 octobre  1724, Joseph épousa en seconde noces  Marie Cauchon, née en 1685, et fille de Jacques Cauchon et de Marie Barbe Delphine le Tardif. De cette union naquit Marie-Josephte, baptisée à St-Antoine de Tilly le 10 novembre 1725, et mariée à St-Nicolas le 1er juillet 1743 à Charles Claude Paré, fils de François Paré et de Claire Lacroix.

 

Un dénombrement fut fait en 1725 alors que la Terre No 23 était la propriété de Joseph. Les Archives de Québec fournissent les renseignements suivants :

 

« Terre No 23, de Gervais Rocheron, de 3 arpents

 

§  Roche (Roger), J (Joseph)

1725, 25 août, aveu et dénombrement

 

§  Roger, Joseph, 3 arpents, avec maison, grange et 40 arpents de terre labourable »

 

Nous ignorons la date précise à laquelle Joseph déménagea à St-Nicolas. Cette date devrait se situer entre 1719 et 1724 puisque son fils Gabriel fut baptisé à Ste-Famille en 1719 et que Marie-Reine fut inhumée à St-Nicolas le 2 janvier 1724. Par contre, la Terre No 23 demeure toujours la propriété de Joseph lors du dénombrement d’août 1725.

 

En 1735, « de Québec à Montréal, sur la rive nord du Saint-Laurent, on inaugure le Chemin du roy… Désormais, on peut aller d’une ville à l’autre avec un seul cheval, en quatre jours » (Provencher, p. 71). Il est intéressant de noter que le Chemin du roy traverse la paroisse de St-Nicolas.

 

Marie Cauchon décéda le 7 janvier 1736 et fut inhumée à St-Nicolas.

 

Joseph demeura à St-Nicolas. C'est dans les registres de cette paroisse qu'on trouve son acte de décès en date du 28 avril 1738. Il allait avoir 62 ans le lendemain.

 

Sept des douze enfants de Joseph moururent en bas âge. Trois filles, soit Marie-Jeanne, Marie-Anne, et Marie-Josephte, et deux garçons, soit Joseph II et Gabriel III parvinrent à l'âge adulte et se marièrent. Une des trois filles élut résidence à St-Nicolas alors que les deux autres s’installèrent à St-Antoine de Tilly. Les deux garçons quant à eux fondèrent deux groupes de la famille Roger. Joseph (Groupe A), le fils aîné,  alla s’établir au Sault-aux-Récollets, près de Montréal, alors que Gabriel (Groupe B) demeura dans le comté de Lotbinière.

 

Troisième génération

 

GROUPE A

 

JOSEPH ROGER ET SUZANNE LEBLANC

 

Joseph Roger (Joseph II) est né le 22 octobre 1704 et fut baptisé le lendemain à St-Jean de l’Île d’Orléans. Il est le fils aîné de Joseph Roger (Joseph I) et de Marie-Reine Marceau.

 

Joseph alla s'établir au Sault-aux-Récollets, près de Montréal. Le 22 octobre 1736, en l’église du Sault-aux-Récollets, Joseph II prit pour épouse Suzanne Leblanc, née en 1716, et fille de Charles Leblanc et de Suzanne Bon Lacombe. Joseph I, mentionné en tant que fermier sur l’acte de mariage n’assistait pas au mariage, mais les personnes suivantes étaient présentes : la mère et le père de la mariée, Julien Leblanc, oncle de la mariée, Pierre Laflotte, Pierre Montigni et le curé Chambon.  

 

Le couple donna naissance aux quatre garçons suivants au Sault-aux-Récollets:

 

 

 

 

 

Joseph II fut enlevé prématurément à sa famille après 10 ans de mariage, soit le 12 mai 1747. Il fut inhumé au Sault-aux-Récollets.

 

Suzanne Leblanc a épousé en seconde noces Louis Brisebois le 15 juillet 1748 au Sault-aux-Récollets. Joseph III avait alors onze ans et Louis-François était âgé de quatre ans. Quant à Jean-Baptiste, il avait un an et demi et est décédé le 13 mai 1748, soit deux mois avant le remariage.

 

 

GROUPE B

 

JOSEPH GABRIEL ROGER  ET MARIE CHARLOTTE BERGERON

 

Gabriel III est né le 30 avril 1719 à Ste-Famille de l'Île d'Orléans. Il est le onzième enfant de Joseph I et de Marie-Reine Marceau. Gabriel suivit ses parents à St-Nicolas en 1720. Il s'installe d'abord dans cette paroisse, et déménage plus tard à St-Antoine de Tilly.

 

Le 18 avril 1746, il épouse, à St-Nicolas, Marie-Charlotte Boucher, née en 1726 et fille de Jean-François Boucher et de Marie-Geneviève Fréchette. Le couple donne naissance aux six enfants suivants lesquels sont tous nés à St-Antoine de Tilly:

 

 

 

 

 

 

 

En dépit de « la revanche des berceaux », la population de la Nouvelle-France s’élève à

85 000 habitants en 1754 alors que celle de la Nouvelle Angleterre se chiffre à 1 485 634.

 

En juillet 1759, les portes de Québec ferment car les troupes anglaises sont débarquées sur l’île d’Orléans et occupent la paroisse de Saint-Laurent. La ville est bombardée jour et nuit sans relâche pendant deux mois. Le 13 septembre 1759, 4 000 soldats anglais, avec le général J. Wolfe à leur tête, débarquent à l’anse au Foulon, à l’ouest de Québec, près des Plaines d’Abraham. Une sentinelle française qui avait entendu du bruit demande : “ Qui vive ? ”. Et un officier répond : “ France ”. Le garde, croyant avoir affaire à un des hommes du convoi de vivres, laisse passer sans rien faire. Environ 3 500 français entament le combat. En moins d’une demi-heure, l’armée française est défaite. Wolfe meurt sur le champ de bataille et Montcalm est gravement blessé. Il succombera à ses blessures le lendemain.

 

En septembre 1760, les Anglais réussissent à encercler les environs de Montréal. Parce que les Français sont assiégés par une armée qui les surpasse en nombre, le gouverneur Vaudreuil n’a d’autre choix que d’abandonner la Nouvelle-France. C’est la fin de la Nouvelle-France en Amérique.

 

Marie-Charlotte Boucher est décédée le 19 août 1760 et fut inhumée à St-Antoine de Tilly. Son décès eut lieu un mois après la prise de Québec, et un mois avant la prise de Montréal.

 

Lors du recensement de 1762, Gabriel III apparaît en tant que résidant de St-Antoine de Tilly et sergent. Il était en fait fermier, mais aussi sergent de la milice, une petite armée qui venait d’être créée pour défendre la colonie contre l’Angleterre avec laquelle elle était en guerre. Les enfants suivants vivaient alors avec Gabriel III : une fille (sans doute Marie-Charlotte, 15 ans), un garçon âgé de moins de 15 ans (Étienne, 8 ans) et un homme. 

 

Le 5 septembre 1763, Gabriel III épouse en seconde noces à St-Antoine de Tilly Marie Charlotte Bergeron, née en  mai 1717, fille de Jean Bergeron et de Madeleine Ferland, et veuve de Pierre Charles Gingras. Les familles Boucher, Frichet, Huot et Daigle assistaient au mariage.

 

Gabriel III et Marie Charlotte eurent un seul enfant, un fils prénommé Pierre, né le 15 octobre 1763. Il est possible et même probable que Pierre Roger soit le fils posthume, naturel et légitime de Pierre Charles Gingras, le premier mari de Marie Charlotte; les circonstances et faits suivants viennent étayer cette hypothèse:

 

 

    

 

 

De par l’arrivée de Pierre dans la famille Roger, il appert qu’il devenait l’unique descendant de Gabriel I dans la région de Québec. Cette branche des Roger se serait autrement effacée dans cette région. Joseph II, le fils de Joseph I s’était en effet installé dans la région de Montréal.

 

En France, Louis XV est décédé en 1774 et Louis XVI est sacré roi à la même date. Suite à des inégalités choquantes dans la répartition des charges publiques et une absence complète de contrôle du gouvernement, la révolution éclata en 1789, trente ans après la prise de Québec par les Anglais. Le peuple prit la Bastille le 14 juillet et ce jour est depuis lors le jour de la fête national des Français. Louis XVI mourut sous la guillotine en 1793.

 

Marie Charlotte est décédée le 18 avril 1797 à l'âge vénérable de 80 ans. Elle fut inhumée à St-Antoine de Tilly. Gabriel apparait sur l’acte de sépulture en tant que laboureur.

 

Gabriel III est décédé et fut inhumé à St-Antoine de Tilly le 29  septembre 1800. Il était âgé de 81 ans.

 

Quatrième génération

 

GROUPE A

 

JOSEPH ROGER (Joseph III) ET MARIE AMABLE CHARRON

 

Joseph III vit le jour le 6 novembre 1737 au Sault-aux-Récollets. Il est le fils aîné de Joseph II et de Suzanne Leblanc. Charles Leblanc et Marie Barbeau agirent en tant que parrain et marraine de l‘enfant.

 

Joseph III épousa Marie Amable Charron le 2 mars 1767 au Sault-aux-Récollets. Marie était la fille d’Antoine Charron et de Marie Catherine Joly, veuve de Joseph Cyr.

 

Le couple donna naissance aux douze enfants suivants :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marie Amable est décédée à St-Martin le 15 octobre 1787.

 

Joseph III épousa en secondes noces Marie Josèphe Chatillon-Gaudier le 18 novembre 1788 à St-Martin. Marie Josèphe est la fille de Jacques Chatillon-Gaudier et de Marie Anne Verdon, veuve de Jean Baptiste Neveu Lacroix. 

 

 

GROUPE B

 

JEAN BAPTISTE PIERRE ROGER ET GENEVIÈVE MARCHAND

 

Le 15 octobre 1763 naquit à St-Antoine de Tilly Pierre Roger, fils  de Gabriel III et de Marie-Charlotte Bergeron. Pierre est notre ancêtre direct.

 

Pierre s'établit comme habitant cultivateur à St-Antoine de Tilly. Le 5 août 1782, il épousa Geneviève Marchand, née à St-Antoine de Tilly le 15 septembre 1764 et fille de Joseph Marchand et de Marie Madeleine Côté (dispense spéciale pour consanguinité au 2e et 3e degré). L’acte de mariage mentionne la présence de Gabriel Roger, père du marié, et de Charles et Jean Gingras. Marie Charlotte Bergeron, la mère du marié, lorsqu’elle avait épousé Gabriel III, était veuve de Pierre Charles Gingras (qu’elle avait épousé le 6 août 1735 à St-Antoine de Tilly), né le 16 avril 1710 et décédé en 1763. Le couple avait eu plusieurs enfants. Charles et Jean sont deux de leurs enfants. Charles Gingras, l’aîné, avait épousé Marie Charlotte Roger, issue du premier mariage de Gabriel Roger et de Marie-Charlotte Boucher.

 

Pierre et Geneviève donnèrent naissance aux enfants suivants à St-Antoine de Tilly:

 

 

 

 

 

 

 

Geneviève fut enlevée prématurément à sa famille à l'âge de 25 ans. Elle fut inhumée à St-Antoine de Tilly le 6 juin 1789. L’acte de sépulture indique « morte dans la maladie ». Il est probable qu’elle est décédée des suites de l’accouchement de son dernier enfant né et décédé le 26 mai 1789.

 

Le 16 août 1791,  Pierre épousa en secondes noces Charlotte Bergeron à St-Antoine de Tilly. Charlotte est la fille de Joseph Claude Bergeron et de Marie Charlotte Croteau. De cette union naquirent à St-Antoine de Tilly les quatre enfants suivants:

 

 

 

 

 

Charlotte Bergeron est décédé à St-Antoine de Tilly le 25 octobre 1799 à l’âge de 32 ans. .

Le 11 janvier 1802, Pierre épousa en troisièmes noces Thérèse Noël à St-Antoine de Tilly. Thérèse est la fille de Benoît Noël et d’Agathe Garant. De ce troisième mariage naquirent les huit enfants suivants:

 

             

 

 

 

 

 

 

 

En France, le Sénat français décerna la dignité impériale à Napoléon le 18 mai 1804. Suite aux revers de ses guerres contre les Alliés européens, il fut déchu par le Sénat et exilé sur l’île Sainte-Hélène où il mourut en 1821.

 

Jean Baptiste Pierre Roger est décédé le 6 décembre 1833 à St-Antoine de Tilly.

Jean Baptiste Pierre fut inhumé à St-Antoine de Tilly le 6 décembre 1833

Cinquième génération

 

GROUPE A

 

FRANÇOIS ROGER ET MARIE ANGÉLIQUE DAGENAIS

 

François Roger (François I) est le deuxième fils de Joseph III et de Marie Claire Prévost. François est né en 1801.

 

François a pris Marie Angélique Dagenais pour épouse le 24 février 1824 dans la paroisse de St-Vincent de Paul à Montréal.

 

L’heureux couple s’est vu comblé par la naissance des cinq beaux enfants suivants :

 

 

 

 

 

 

 

JOSEPH ROGER (Joseph IV) ET MARIE CLAIRE PRÉVOST

 

Joseph IV est le fils aîné de Joseph III et de Marie Amable Charron. Il est né en 1800 au Sault-aux-Récollets. 

 

Joseph IV a épousé Marie Claire Prévost le 4  novembre 1823 en l’église de St-Vincent de Paul à Montréal.

 

Joseph IV et Marie Claire ont donné naissance aux enfants suivants :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marie Claire est décédée au mois de juillet 1808, probablement des suites de l’accouchement des jumeaux.

 

Joseph IV a épousé Marie Lacombe en secondes noces le 18 janvier 1809 en l’église de St-Martin à Laval.

 

Joseph IV et Marie ont donné vie aux enfants suivants :

 

 

 

 

Marie est décédée en 1812.

 

Joseph IV a épousé en troisièmes noces Marie Marguerite Monsiau le 11 janvier 1813 en l’église de St-Vincent de Paul, Montréal.

 

Le couple a donné naissances aux enfants suivants : 

 

 

 

 

 

 

 

 

Joseph IV est décédé à Montréal et Marie Marguerite est décédée au même endroit.

 

La majorité des descendants de Joseph IV sont demeurés dans la région du Sault-aux-Récollets mais surtout de l'autre côté de la rivière des Prairies sur l'Île Jésus à St-Vincent-de-Paul, Pont-Viau, St-Martin, Ste-Dorothée, tous des villages autrefois indépendants mais aujourd'hui réunis dans la grande agglomération de Ville de Laval. Ce n'est qu'à partir de la sixième génération que certains se sont installés à Montréal. C'est également pendant la sixième génération qu'un descendant est allé s'installer à Roxton Falls, sur la rive sud et à la génération suivante, certains de ce groupe sont allés encore plus au sud dans le Massachussetts.

 

Compte tenu des limites de cet aperçu historique, la suite de notre description se concentrera sur les membres de la famille Roger qui sont demeurés dans la région de Québec. Par ailleurs, la suite de cet historique de la famille Roger se concentrera sur notre ascendance directe.

 

 

GROUPE B

 

JEAN BAPTISTE PIERRE (Pierre II) ROGER ET MARIE CÉCILE COULOMBE

 

Pierre II est né et a été baptisé à St-Antoine de Tilly le 10 juin 1786. Il est le fils de Pierre I et de Geneviève Marchand.

 

Le 19 mai 1812, il épouse Marie-Cécile Coulombe, fille de Louis Coulombe et de Charlotte Genest dite Labarre, baptisée à St-Antoine de Tilly le 8 juillet 1783.

 

De cette union naquirent les onze enfants suivants, lesquels sont tous nés à

St-Antoine de Tilly:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

·         Célina, née le 18 février 1834 et mariée le 19 janvier 1858 avec Isaïe Houde, fils de François et de Joséphine Gingras. Elle est décédée le 27 novembre 1908 à l'âge de 74 ans.

 

Pierre II est décédé et fut inhumé à St-Antoine de Tilly le 8 juillet 1870.

 


Sixième génération

 

LOUIS OLIVIER ROGER ET DOMETHILDE FRÉCHETTE

 

Louis Olivier Roger naquit à St-Antoine de Tilly le 19 mai 1827. Il est le fils de Jean Baptiste Pierre Roger et de Marie Cécile Coulombe. Il est probable qu'il fut ainsi prénommé selon le prénom de son grand-père maternel, Louis Coulombe.

 

Le 7 août 1849, Louis prend pour épouse Domethilde Fréchette en l'église de

St-Nicolas. Domethilde (Mathilde) est née en 1827 et est la fille de Michel et de Geneviève Plante.

 

Douze beaux enfants viennent faire la joie du couple:

 

 

 

·         Exilda, née le 2 octobre 1854 et mariée en la paroisse de St-Antoine de Tilly le 16 juillet 1879 avec Arcade Demers, fils de Flavien Demers et de Julie Moffet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

·         Belzémire, née à St-Nicolas le 3 octobre  1870. Le 13 août 1901 elle a épousé à St-Agapit Georges Gagnon, fils de Charles Gagnon et de Virginie Bergeron. Le couple résidait dans la maison voisine du magasin général de Louis, et tenait le bureau de poste. Alexina Roger, sœur de Belzémire, a vécu sous le même toit que le couple pendant de nombreuses années si bien que les « jeunesses » du village parlaient constamment « des femmes de Georges Gagnon ». Belzémire est décédée à St-Agapit le 7 juillet 1955, à l'âge de 83 ans.

 

L’Angleterre vote en 1867 l’Acte de l’Amérique britannique du nord qui crée la Confédération canadienne et lui accorde sa constitution actuelle. Le Canada devient un pays indépendant doté d’une monarchie constitutionnelle.

 

Domethilde est décédée le 17 mars 1900, à l'âge de 72 ans.

 

Louis fut d'abord habitant cultivateur dans le Bois Clair, à St-Antoine de Tilly. Il a ensuite  tenu durant de nombreuses années un magasin général à St-Antoine de Tilly. Il est déménagé à St-Agapit où il a aussi tenu un magasin général. Nous n'avons pu établir la date précise de son déménagement à St-Agapit.

 

Louis est décédé à St-Agapit le 29 septembre 1906 à l'âge de 78 ans.

 

Au décès de Louis, Alexina hérita du magasin général qu'elle opéra pendant plusieurs années.  Le magasin fut ensuite vendu à un monsieur Lefèvre et ensuite à Alphonse Lemay.

 
Septième génération

 

JOSEPH LÉONIDAS ROGER ET OLIVINE ROUSSEAU

 

Le 9 avril 1861 est baptisé en l'église de St-Apollinaire Joseph Léonidas, né la veille du mariage de Louis Roger et de Domechilde Fréchette. Les parrain et marraine sont Rémi Marchand et Désanges Méthot.

 

Le  20 octobre 1886, Léonidas prend pour épouse Olivine Rousseau en l'église de St-Antoine de Tilly. Olivine est née en avril 1861; elle est la fille d’Isaïe Rousseau et de Félicité Gingras. Le couple s'installe à St-Antoine de Tilly où il donne naissance à treize beaux enfants:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

           

Le 26 octobre 1918, Olivine fut emportée par la grippe espagnole. Elle est décédée à St-Antoine de Tilly à l'âge de 57 ans et six mois.

           

Léonidas épousa en seconde noce Georgina Pilon. Cette dernière est décédée à St-Agapit le 24 mars 1941.

 

Léonidas a tenu un magasin général à St-Antoine de Tilly, en face de l'église, pendant trente et un ans (2373 Chemin de Tilly, St-Antoine de Tilly). Léonidas avait de la suite dans les idées.  Le 7 février 1922, il achète de dame Arcade Demers un magasin général situé près de l'église de la municipalité de St-Agapit (1179 rue Principale, St-Agapit). L'enregistrement s'est fait à Ste-Coix sous le numéro 49408.

 

Il est tout à fait remarquable que Léonidas ait géré deux magasins généraux alors qu'il  savait à peine lire et écrire. Léonidas était un homme sérieux et autoritaire. Il était peu loquace et faisait rarement des blagues.  Il était à son affaire! Toutefois, il adorait jouer aux cartes, et le "rough" était son jeu favori. On joue encore à ce jeu à St-Agapit.

 

Léonidas avait cette particularité de s'asseoir sur ses jambes lorsqu'il se promenait en  voiture.

 

Léonidas est décédé à St-Agapit  le 17 août 1928, à l'age de 67 ans. Il s'est fait renverser par une automobile, alors qu'il  faisait traverser la rue à sa vache en face de l'église.     

                       


Huitième génération

 

 JOSEPH ADELBERT ANTOINE ROGER ET JEANNE FORTIER

 

Antoine vit le jour le 16 août 1899 à St-Antoine de Tilly. Il est le 9ième enfant de Léonidas Roger et de Olivine Rousseau. Antoine avait de beaux yeux bleus; par contre il souffrait de cataractes dès sa naissance, mais ces cataractes ne sont pas développées au cours de sa vie. 

 

La première guerre mondiale éclata en novembre 1914 et se termina en 1918. L’histoire n’avait jamais enregistré une guerre aussi meurtrière et dévastatrice. Elle opposait les pays alliés (France, Russie, Allemagne, Angleterre, Japon, États-Unis, Canada et autres pays) à l’Allemagne, l’Autriche et la Turquie. Ces derniers firent éclater la guerre avec l’espoir de la conduire rapidement à son terme par des victoires foudroyantes, s’assurant ainsi d’une expansion économique et intellectuelle illimitée, sans égard pour les droits légitimes des autres peuples, et visant ainsi à l’hégémonie universelle. Antoine ne fut pas touché par la conscription canadienne.  

 

Antoine passa sa petite enfance et son adolescence à St-Antoine, au magasin général que tenait son père en face de l’église (2373 Chemin Tilly, St-Antoine de Tilly). Par contre, il accompagna son père à St-Agapit en 1922 alors qu'il était âgé de 23 ans. Qu’est-ce qui motiva la famille de Louis à déménager à St-Agapit? Le village de St-Agapit était alors en plein essor. En effet, la route 5 qui traversait le village représentait la route la plus rapide et la plus utilisée pour se rendre de Québec à Montréal. Le village était parsemé de garages, restaurants, hôtels et autres commerces pour desservir ce flux de voyageurs.        

 

Le  7 janvier 1924,  Antoine convole en juste noce avec Marie Jeanne Fortier, née le 6 décembre 1904 et fille d’Honoré Fortier et de Dina Méthot. Le mariage a lieu en l'église de St-Agapit et le couple s'établit dans la même paroisse.

 

Six beaux enfants viennent égayer la vie de Jeanne et d'Antoine:

 

 

 

 

 

 

 

Antoine habite d'abord une maison sise entre celle de son père et celle du frère de son épouse, Gérard Fortier (cette maison fut plus tard déplacée au 1123 rue Lemay). Notre nouveau marié était très débrouillard et toucha un peu à tout. Il tint un salon de barbier vers 1924. Il ouvrit un restaurant à St-Agapit de 1930 à 1934. Il fabriquait sa propre crème glacée et se rendait au fleuve pour couper de gros cubes de glace qu’il transportait chez-lui pour garder la crème glacée au frais. Il travailla au moulin à scie de Philias Normand de 1935 à 1937 alors qu’il chauffait la chaudière (boiler) de la scierie. Antoine est déménagé à Ste-Marie de Beauce et y a résidé en 1938 et 1939. Il vendait alors des centrifuges. Il est ensuite revenu à St-Agapit où il travailla comme journalier. Il s'est même occupé de l'entretien de la patinoire municipale durant quelques années avant la guerre. Les villageois y patinaient au son du gramophone d'Antoine! Les jeunes garçons y pratiquaient aussi leur sport favori, le sport par excellence des Canadiens, le hockey. Un hangar appartenant à Gérard Fortier, frère de Jeanne, servait de "cabane du patinoire".

 

La deuxième guerre mondiale (1939-1945) fait rage en Europe d’abord et dans le monde entier par la suite. Elle oppose les pays alliés (France, Angleterre, États-Unis, U.R.S.S., Canada et autres pays) au « pacte tripartite » incluant l’Allemagne, le Japon et l’Italie. Antoine n’est pas sujet à la conscription.

 

Antoine s'intéressait beaucoup à la politique. Il adorait en discuter avec passion. Il s'est même impliqué activement en cabalant, transportant des voteurs, etc. Sans doute en récompense de ses efforts, Antoine obtint le bureau des licences à St-Agapit tout au long du règne au pouvoir de Maurice Duplessis, soit de 1944 à 1960.

 

Le bureau des licences lui apporta une certaine aisance financière. Il acheta une nouvelle maison de Benoît et Rolande Levesque, neveu et nièce de Jeanne où la famille habita au cours des années 1943 à 1966 (1227 rue Principale). Cette maison est maintenant habitée par Christian Roger, fils de Guy Roger.

 

Antoine a aussi vendu de l'assurance-vie et de l'assurance générale pendant de nombreuses années. Il représentait la compagnie Sovereign Life. En guise de paiement, il acceptait souvent des cultivateurs différents produits dont des légumes, du bois de chauffage, etc. Étant donné qu'Antoine "se chauffait" au bois, cela lui fournissait l'occasion de scier et de fendre du bois, ce qu'il affectionnait particulièrement. De plus, Antoine était  économe de nature et le troc le servait bien dans ce sens.

 

Antoine aimait se mettre en évidence et faire rire les gens. Il aimait beaucoup chanter; son répertoire incluait : Bonhomme, tu n’est pas maître dans ta maison car nous y sommes;  J’ai perdu ma femme en plantant des choux; Bonsoir mes amis, bonsoir et autres. Antoine jouait aussi de ma musique à bouche. Il était jovial et aimait le plaisir. Notre musicien avait un talent particulier pour la danse. Il adorait giguer et valser et excellait dans les danses carrées; il était un bon "caller".

 

Antoine avait la passion des cartes. Dès que la visite se pointait à la porte, il sortait le jeu de cartes et s'attablait. Son jeu favori était le "Rough";  il jouait aussi au "Neuf". Il aimait les jeux à l'argent encore plus, mais n'était pas toujours très chanceux.

 

Antoine était friand de fritures. Il adorait les patates rôties et le boudin. Il aimait aussi les fèves au lard, la soupe au pois, la soupe aux choux... et le thé vert. Il aimait faire griller ses rôties sur la braise du poêle; les rôties finissaient souvent par échouer et grésiller sur les  braises, à son grand dam!

 

On dit souvent que les contraires s'attirent! Jeanne était réservée, timide et patiente. Elle était bonne comme du bon pain. Jeanne était extrêmement sensible. Quelques reproches lui faisaient perler des larmes aux yeux. Elle était aussi très généreuse et ne savait refuser quoique ce soit à qui que ce soit.

 

Jeanne ne parlait jamais en mal d'autrui et prenait toujours la part des absents.

Profondément religieuse, elle trouvait sa force dans la foi. Fort justement, elle croyait que le plus grand mérite résidait dans la réalisation du devoir d'état quotidien.  Sa piété était édifiante. En la voyant revenir de la communion, on était touché par le bonheur, l'extase qui l'habitaient. En autant que sa santé le lui permettait, Jeanne assistait à la messe à tous les matins. Vers la fin de sa vie, elle était considérée comme un exemple de sainteté.

 

Jeanne était de nature sensible et émotionnelle, ce qui la prédisposa à certains problèmes de santé. Au début de la cinquantaine, elle souffrait de différents malaises dont la haute pression et l’angine de poitrine. Elle eut un infarctus du myocarde mineur à cette époque et un autre plus important vers la fin de la cinquantaine. Quelques années plus tard, elle en fit un troisième qui lui fut fatal.

 

Jeanne s'éteignit dans la paix et la sérénité le 18 mars 1967 à l'âge de 62 ans. Elle fut inhumée à St-Agapit.

 

Antoine éprouva aussi des problèmes cardiaques. Les carotides, artères qui apportent le sang au cerveau, se sont obstruées à tel point qu’il fut atteint de sénilité. Il souffrit de cangrène aux jambes et dut se faire amputer une jambe juste au dessous du genou.

 

Antoine nous quitta le 24 avril 1974 et fut inhumé à St-Agapit.

 

Il est intéressant de noter qu’Antoine fut le témoin de plusieurs inventions importantes : l’automobile (fin du XIXe siècle), l’avion (1903 - Wright), l’éclairage électrique (1904 – Edison), la radio (1909), l’air climatisé (1911 – Carrier), la télévision (1926 - Bair), la bombe atomique (1945), les microprocesseurs (1971 - Hoff) et l’exploration spatiale avec comme couronnement le débarquement sur la lune le 21 juillet 1969. 

 


Neuvième génération

 

JOSEPH GÉRARD YVAN ROGER ET MARIE-ANDRÉE ARSENAULT

 

Jeanne et Antoine donnèrent naissance à leur fils cadet le 6 octobre 1942 et le prénommèrent Joseph Gérard Yvan. Ce dernier naquit en fin d'après-midi, dans la résidence de ses parents située alors sur la rue Principale du coté est de la résidence de Gérard Fortier (maison maintenant relocalisée au 1123 rue Lemay). L'abbé Auguste Gastonguay baptisa l'enfant le lendemain en l'église de St-Agapit. Ses parrain et marraine furent Gérard Fortier et Clothilde Desrochers, oncle et tante de l'enfant, Gérard étant le frère de Jeanne.

 

Yvan passa sa petite enfance paisiblement dans la nouvelle maison que son père acheta de Benoît Levesque et Rolande Lapointe, maison sise à l’adresse civique 1227 rue Principale.  Rolande était la fille d’Antoinette Fortier, sœur de Jeanne, la mère d’Yvan. 

 

Yvan fit ses études élémentaires à St-Agapit. Il était "enfant de cœur" et servait la messe tous les matins. Il lui arriva une fois de perdre connaissance au cours de la messe. Il reprit connaissance alors que le curé le portait et, l'odeur d'encens aidant, Yvan se crut au paradis...   Yvan recevait dix sous pour chaque messe qu'il servait durant la semaine; il finança ainsi l'achat de sa première montre.

 

Sa sixième année complétée, Yvan poursuivit ses études au Collège de Lévis.  Sa mère aurait bien aimé qu'il devienne prêtre. Bien qu'il ne se plaisait pas particulièrement au Collège, Yvan subit le pensionnat comme un mal nécessaire, mais il n'y fut pas malheureux. Ce fut une première séparation, une première discontinuité importante dans sa vie. À l'âge de dix-sept ans, alors qu'il complétait la classe de "Versification", ses parents accédèrent à sa demande de le retirer du collège. Il compléta alors un cours commercial de deux ans à l'Institut Denys, sur la rue St-Jean à Québec même.

 

Suivirent alors les années folles de la fin de l'adolescence où les filles, la danse et la boisson jouèrent un rôle important dans la vie d’Yvan. À l'âge de dix-huit ans, Yvan s'établit dans un appartement meublé du quartier St-Roch à Québec. Il travailla d'abord comme préposé au service pour la compagnie National Cash. L'année suivante, il joignit la compagnie S. S. Kresge Ltd en tant que "management trainee".  Yvan consacra six ans de sa vie à cette formation. Son emploi chez Kresge l'amena à voyager et demeurer dans différentes villes dont Québec, Rouyn, Sault St.Marie, Montréal, Toronto, et Ottawa.

 

Peu avant son départ de Québec, Yvan avait rencontré Marie-Andrée Arsenault lors d'une partie de sucre. Ce fut le coup de foudre!... Un bizarre de coup de foudre qui se prolongea tout au long de sa vie... Yvan épousait en effet Marie-Andrée le 25 juin 1966 en l'église de St-Ursule à Ste-Foy. La réception nuptiale se déroula au motel Universel sur le Boul. Laurier. Le couple fit son nid dans un appartement situé sur la rue Esther Lorrie à Rexdale, en banlieue de Toronto. Yvan participait à ce moment à l'ouverture du magasin K-Mart situé sur la rue Kipling de la même municipalité.

 

Ce qui nous vient à l'esprit en pensant à Marie-Andrée est la passion, la force, la flamme, la détermination.  On pense aussi à des expressions comme "tout feu, tout flamme" ... "il n'y a rien de trop beau". Marie-Andrée déteste la médiocrité et ne laisse personne indifférent. Elle est par ailleurs très sensible aux besoins, à la santé, au bien-être de ses proches et intervient énergiquement pour les aider, même malgré eux si nécessaire... Elle enfourche souvent un cheval de bataille; l’alimentation et la lutte contre le tabagisme  demeurent ses cibles préférées.

 

Au début de 1967, Yvan et Marie-Andrée se rendirent à Ottawa où Yvan devait participer à l'ouverture d'un autre magasin K-Mart sur la rue Merivale de la-dite municipalité. L’été suivant vit l’inauguration du Centre d’achat St-Laurent sur le boulevard du même nom. Plusieurs chaînes de magasin étaient alors en quête de gérant, dont Draperies Montréal. Suite à une annonce parue dans les journaux, Yvan rencontra la direction de cette compagnie et obtint le poste de gérant du nouveau magasin.

 

Il s’agissait en fait de beaucoup de changements en peu de temps, si l’on tient compte des transferts entre les différentes villes et du nouvel emploi. Notre voyageur appréciait ces changements car ils lui permettaient de repartir à zéro, ni vu ni connu, tout en tirant bénéfice des « leçons » des expériences vécues.

 

Plein d’enthousiasme et de détermination, Yvan se lança allègrement dans la gestion du magasin et prit ses responsabilités très au sérieux. Il s’occupa d’abord de l’embauche et de la formation du personnel, soit des vendeuses, une caissière et un garçon d’entrepôt; il vit ensuite à l’étiquetage et l’étalage de la marchandise. Le magasin fut tout fin prêt pour le grand jour, le jour de l’ouverture du magasin. Le centre d’achat St-Laurent attira rapidement les foules et le magasin Draperies Montréal jouit d’un excellent achalandage. Le magasin fit de très bonnes affaires et la haute direction de la compagnie était enchantée des résultats financiers. Yvan se forgeât d’excellentes relations avec la haute direction qui le tenait d’ailleurs en haute estime. En rétrospective, Yvan fut très heureux lors des deux années consacrées à la gérance du magasin. Côté travail, c’est probablement le moment de sa vie où il se sentit le plus heureux, le plus épanoui. Le magasin roulait rondement, le personnel se voulait courtois et affable, les clients étaient très satisfaits et affluaient au magasin et Yvan se sentait très apprécié de la haute direction.

 

Le garçon d’entrepôt laissa le magasin vers la fin de la première année d‘existence du magasin et fut remplacé par le garçon d’entrepôt du magasin situé sur la rue Banks, du nom de Christian Peuch. Yvan s’entendait fort bien avec Christian, un français natif du Périgord. Lors d’une réception au cours de la période des fêtes, Marie-Andrée rencontra Annie, l’épouse de Christian et les deux couples se sont liés d’amitié. C’est à cette époque que Yvan fit l’acquisition d’une tente roulotte et ainsi commença l’ère du camping. Le premier voyage de camping eut lieu au Lac Philippe lors de la fin semaine de la Fête de la reine...  et il a plu toute la semaine de semaine! Le soleil s’est pointé lundi, lors des préparatifs du départ! Qu’à cela ne tienne, les deux couples adoraient le camping et ont passé les étés suivants à jouir des joies du plein air : camping, pêche, canotage, randonnées, et j’en passe. Ils ont visité plusieurs terrains de camping provinciaux et fédéraux.  Ils se sont même rendus à Québec et au Lac Georges (États-Unis) avec la tente roulotte.

 

Yvan géra le magasin pendant deux ans et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Toutefois, ce dernier ne pouvait concevoir qu’il en serait ainsi pour le reste de sa carrière. Yvan avait alors 26 ans et commençait à regarder à l’extérieur. S’était-il déjà lassé des responsabilités d’un gérant de magasin? S’était-il même lassé du commerce au détail? Cherchait-il un nouveau défi? Toujours est-il qu’il prit la décision d’entreprendre des études collégiales en commerce. Cette décision laissa plusieurs personnes perplexes; on considérait qu’Yvan avait une bonne position : un poste de gérant, bien rémunéré.        

 

Yvan fit son entrée au Collège Algonquin un beau lundi de septembre 1970. Vêtu de son complet bleu foncé, arborant une chemise blanche et une cravate criarde, portant fièrement son porte-documents neuf, il entra allègrement dans la classe et se dirigea vers la première rangée. Tous les élèves se levèrent… ils pensaient que c’était le professeur! La plupart des étudiants portaient des jeans et un gilet ou une chemise sport. Yvan réajusta son tir, et, le lendemain, il prenait sa place parmi les étudiants.

 

Yvan prit à cœur ses études, travaux et examens et les résultats scolaires le comblèrent. Il trouvait même le temps de jouer au 500, jeux de cartes très populaire où il excellait, entre les cours. Lors du deuxième semestre de la première année, il prit part à un concours provincial en économie. Il s’agissait de préparer un « essai » (dissertation) sur la situation du chômage au Canada. Yvan gagna le concours et se mérita un voyage de trois semaines en France au cours de l’été suivant. Le but du voyage portait sur une étude de la situation du chômage en France; les heureux lauréats avaient l’opportunité de visiter certaines usines et d’en rencontrer les cadres afin d’étudier la situation du chômage sur place. Par ailleurs, Yvan obtint un « A » dans toutes les disciplines de ce semestre.

 

Ces succès relativement faciles amenèrent Yvan à considérer la poursuite de ses études dans un milieu universitaire. Dans la province de Québec, deux années au niveau collégial (CEGEP) sont requises avant de pouvoir entrer à l’université. La situation est différente en Ontario où on peut entrer à l’université après le secondaire. Yvan s’inscrit à l’Université d’Ottawa et fut reçu l’année suivante en Commerce. Par contre les frais universitaires étaient plus élevés. De plus le voyage en France durant l’été risquait de grever le budget modeste du couple. Yvan préféra passer outre au voyage en France et franchit hardiment la porte qui s’ouvrait à lui. Il était tout fin prêt pour l’année scolaire 1971-72, la première année universitaire. Yvan était alors âgé de vingt-neuf ans.

 

Le baccalauréat en Commerce s’échelonne sur une période de quatre ans mais Yvan résolut de le compléter en trois ans en prenant des cours durant d’été et en complétant six à sept cours par semestre alors que le programme en prévoit cinq. De plus, il obtint des crédits pour certains cours qu’il avait suivi au Collège Algonquin, soit en économie et en informatique. Les cours en calcul différentiel et intégral de première année n’allèrent pas sans peine. Yvan avait suivi des cours en géométrie analytique et plane lors de ses études classiques, mais ces cours ne fournissaient pas une bonne base pour le calcul différentiel et intégral. Il réussit quand même ces cours, mais avec une note de passage minimale. Par contre, il se trouva tout à fait dans son domaine en philosophie. À son dire, c’est tout comme s’il étudiait quelque chose qu’il savait déjà, une sorte de revue. Il obtint une note de 100% dans chaque examen pour une note finale de 100%. Le professeur mentionna en classe que c’était la première fois qu’il donnait une note parfaite de 100% en philosophie.

 

Lors du deuxième semestre de cette première année universitaire, Marie-Andrée et Yvan  eurent la surprise de leur vie… et le plus cadeau qui soit : contre toute attente, Marie-Andrée était enceinte. Le couple était marié depuis plus de cinq ans et avait déjà consulté un médecin quant à leurs chances d’avoir des enfants. On les avait avisés que c’était très peu probable. Ils avaient une chance sur un million de former une famille. Ils avaient le choix d’adopter des enfants ou de poursuivre des projets personnels. La présence de ce petit être en devenir fouetta la détermination de notre élève à mener à bien ses études. Il devenait un chef de famille et prenait ce nouveau rôle bien à cœur.

 

Au cours des vacances estivales, Yvan se trouva un boulot comme gardien de nuit dans un motel sur la rue Rideau à Ottawa. En plus de louer des chambres aux oiseaux de nuit, il s’occupait de la tenue de livres et des dépôts. Yvan avait résolu de prendre une spécialisation en comptabilité et d’aller ensuite pour un des ordres professionnels (CA, CMA, CGA). L’Ordre des comptables agréés constituait son premier choix, mais c’était aussi le plus difficile. Le gérant du motel lui demanda un soir quel genre de travail il envisageait. Yvan lui mentionna son désir de devenir un comptable agréé, ce à quoi le gérant répondit qu’« il y avait beaucoup d’appelés, mais peu d’élus »! Loin de décourager Yvan, cette citation biblique redoubla sa foi et sa détermination. Il serait un élu! 

 

L’année scolaire 1972-73  vit notre ancien gérant de magasin se pointer à l’université en jeans, avec le fameux veston en cuir des étudiants en Commerce, les cheveux longs jusqu’aux épaules, un bandeau d’indien sur le front, et avec une belle assurance bien innocente. La deuxième année réunissait plusieurs cours de spécialisation tels que Introduction en comptabilité, Marketing et Statistique et ces cours semblèrent plus faciles. Yvan se forma un groupe d’étude composé d’élèves qui se dirigeaient aussi en comptabilité. Le groupe travaillait ensemble sur les travaux à effectuer à domicile et se réunissait une à deux heures avant chaque examen pour revoir la matière. Chaque élève était soumis à un barrage de questions auxquelles il devait répondre à voix haute et tous bénéficiaient de l’interaction. Ce travail de groupe donna d’excellents résultats.

 

Alors qu’Yvan se consacrait à ses études, Marie-Andrée travaillait dans un centre dactylographique à la Chambre des  Communes, en tant que surveillante. Elle avait résolu de travailler le plus tard possible au cours de sa grossesse afin de passer le plus de temps possible avec le poupon qui se préparait à venir les joindre. Et le 7 octobre 1972, peu après le souper, Marie-Andrée eut ses premières contractions… c‘était parti! Alors que le couple se préparait à aller à l’hôpital, on sonna à la porte… C’étaient les parents de Marie-Andrée. Quelle coïncidence!

 

Le fils premier né du couple qu’ils prénommèrent Éric vit le jour le 8 octobre 1972, à l’aube. L’accouchement se déroula tout naturellement. Le médecin devait s’occuper d’une autre parturiente et confia le nouveau-né à sa mère. Ce premier contact de la mère débordante de joie avec le nouveau-né fut très intime et très intense. Marie-Andrée remit ensuite l’enfant à Yvan dont le bonheur faisait perler quelques larmes qu’il n’essayait même pas d’essuyer, tout concentré qu’il était sur l’enfant. À l’extérieur, l’aube se pointait, projetant des lueurs roses à l’horizon. La présence de cet enfant devait changer profondément la vie du couple.

 

Yvan suivit un cours en comptabilité de prix de revient durant l’été suivant à raison de deux cours de trois heures par semaine. Lors du premier cours, le professeur nota le bandeau d’Indien qu’Yvan arborait au front et émit le son familier des « Indiens » lorsque ceux-ci crient en bloquant et libérant la bouche alternativement. Tous les élèves bouffèrent de rire, et notre « Indien » en premier!... Néanmoins, Yvan se mérita une note de 100% lors de l‘examen semi-trimestriel et réussit le cours avec succès.  

 

La dernière année du baccalauréat incluaient tous les cours avancés en comptabilité tels que fiscalité, vérification, comptabilité avancée et autres. Yvan éprouva quelques difficultés en vérification. Un des associés de Clarkson & Gordon, Denis Désautels,  enseignait le cours en tant que professeur à temps partiel. Or, il avait l’habitude de sélectionner des questions des examens uniformes de l’Ordre des comptables agréés des années antérieures pour l’examen de fin de cours. Étant donné que l’Ordre publiait les réponses suggérées, il devenait facile pour les élèves avertis de se procurer et d’étudier ces réponses. Malheureusement, Yvan n’était pas au courant de ce stratagème et prépara son examen final à partir des notes prises durant le cours. Mal lui en prit… Il réussit le cours, mais avec la note minimum de passage. Mais la vie comporte souvent des coïncidences bizarres. Comme nous le verrons plus loin, Yvan joignit par la suite le Bureau du vérificateur général. Or Denis Désautels fut désigné plus tard Vérificateur général du Canada, alors qu’Yvan était à l’emploi du Bureau.

 

La sélection de stagiaires en comptabilité par les firmes comptables représente un des événements importants de la dernière année. On n’a peine à reconnaître les confrères de classe parmi les jeunes hommes frais rasés, les cheveux bien coiffés et habillés d’un complet impeccable qui se présentent pour les entrevues. Yvan reçoit des offres d’emploi de Peat Marwick et du Bureau du vérificateur général (BVG). Par contre, l’offre de Peat Marwick se situe à Montréal et nécessiterait un déménagement. Par ailleurs, le BVG est à mettre au point la vérification de système dans laquelle le vérificateur s’appuie sur le contrôle interne et  peut ainsi diminuer les sondages en profondeur, une nouvelle approche à la vérification qu’utilisent les grandes firmes comptables. Intéressé par la nouvelle approche, Yvan décide de joindre le Bureau du vérificateur général à Ottawa.

 

Notre nouveau stagiaire débute à l’automne 1974 et joint le programme des comptables agréés (CA). Yvan s’inscrit à l’École d’été de comptabilité (pré-requis) à Toronto à l’été 1976 et écrit l’examen final des CA à l’automne. Il réussit l’examen lors du premier essaie. Le programme des CA demande que les stagiaires soient affectés à des sociétés d’état, ce qui  constitue un avantage important. L’expérience ainsi acquise est précieuse pour l’examen final et les tâches de vérification sont plus intéressantes.

 

Pour la première fois au BVG, et la dernière à date… tous les stagiaires qui écrivaient l’examen final pour la première ont réussi cet examen. Pour souligner l’événement, le BVG a offert à chaque lauréat un stage de un à deux ans avec une firme de comptables agréés de leur choix. Yvan accepta l’offre et joignit une firme comptable francophone à Hull, Normandin Séguin, pour une période de deux ans. Comme dans tous les bureaux comptables, le travail ne manquait pas et Yvan toucha un peu à tout : comptabilité, fiscalité, vérification et autres services connexes. Yvan apprécia beaucoup le contact avec les clients qu’il aida souvent en tant que consultant financier.

 

Yvan retourna au BVG en tant que vérificateur sénior en 1978 et joignit une équipe anglophone. Il participa à la vérification financière de sociétés d’État (Commission de la capitale nationale, St-Lawrence Seaway Authority) et de ministère (Anciens Combattants). Il accepta ensuite un poste en tant qu’assistant exécutif au Sous vérificateur sénior (Senior Deputy Auditor General) pour une période d’un an. Quoique qu’intéressante, l’expérience acquise ne correspondait pas tout à fait aux attentes d’Yvan puisqu’il s’agissait surtout de travail administratif. Il retourna ensuite aux opérations de vérification dans la section française tout en continuant la vérification de certaines sociétés d’état en anglais, dont Atomic Energy of Canada (AECL).

 

Aux cours des années antérieures, le gouvernement du Canada avait vendu un réacteur nucléaire CANDU à l’Argentine. Lors d’une vérification financière de fin d’exercice d’AECL, Yvan se rendit à Buenos Aires  pour la vérification sur place de pièces justificatives. Bien que la vérification ait lieu vers la fin du printemps, l’Argentine jouissait alors de ses derniers rougeoiements d’automne. Les paysages étaient superbes, un peu semblables au nôtres à cette période de l’année. Yvan profita de l’occasion pour séjourner quelques jours à  Rio De Janeiro, au Brésil. L’hôtel choisie occupait le centre de la plage Copacabana si renommée au niveau international, mais les touristes avait alors déserté cette merveilleuse  plage.

 

Marie-Andrée travaillait toujours  aux Comptes rendus des comités de la Chambre des communes en tant que surveillante du centre dactylographique. C’est alors que le couple fut gratifié du plus beau cadeau qu’ils puissent espérer : un bébé garçon superbe pesant plus de 10 livres qu’ils prénommèrent Alexandre. Le couple se dirigea allègrement à l’Hôpital Sacré-Cœur de Hull le 24 novembre 1978 en soirée, confiant et  plein d’espoir : ils avaient déjà eu leur première expérience avec leur fils premier-né et ils savaient quoi faire. Yvan avait apporté sa caméra et était tout fin prêt. Mais Mère Nature nous réserve parfois des défis inattendus… Le «travail » ne progressait pas… et lorsque le personnel médical apposa à la tête du bébé un appareil mesurant le pouls cardiaque, l’indicateur devint désordonné; il oscillait dans tous les sens sans se fixer. Le médecin crut que l’appareil était défectueux. Les techniciens appelés à la rescousse affirmèrent que l’appareil fonctionnait normalement, ce qui démontrait que le bébé pouvait être à risque. S’ensuit une course fébrile vers la salle d’opération… une césarienne s’imposait. Quant à Yvan, on le dirigea vers la salle d’attente. Cette heure d’attente lui parut une éternité. Il sursauta lorsqu’il entendit l’annonce que le gynécologue traitant voulait le rencontrer. Mais tout s’était passé pour le mieux et le médecin le félicita pour la naissance d’un merveilleux garçon pétant de santé. Yvan s’empressa de rejoindre Marie-Andrée et de serrer Alexandre dans ses bras. L’heure était à la fête. 

 

La fête devait continuer… Une promotion au niveau de Surveillant (AU-3) dans l’équipe française vint souligner les efforts d’Yvan avec la Monnaie royale canadienne (MRC) comme principal client. Il continua aussi de participer à la vérification de certains clients d’équipes anglophones, dont celle de la Défense nationale.

 

Yvan participa à la traduction de certains cours et séminaires offerts au BVG dans le contexte de la formation continue. Il agit aussi en tant qu’instructeur pour certains de ces cours. Au cours des années 1985 à 1988, Yvan accepta la charge de professeur à temps partiel à l’Université Carleton d’Ottawa dans les domaines de l’Introduction à la comptabilité et de la Vérification. Il ne s’agissait pas ici d’une préoccupation financière, mais plutôt d’un souci d’améliorer son aptitude à parler en public, surtout devant un auditoire nombreux.  

 

Par le biais d’une collègue de travail à la Chambre des Communes, Marie-Andrée fit la connaissance d’un homéopathe réputé, le Docteur Serge Thériault. Ce dernier possédait un doctorat en homéopathie, mais aussi des doctorats en philosophie et en théologie et une maîtrise en conseil pastorale, ce qui lui permettait la pratique professionnelle de la psychothérapie. Lors de l’une des consultations, Yvan déclara à brûle-pourpoint que le Dr Thériault changerait toute leur vie. Yvan était tout aussi surpris que Marie-Andrée d’avoir fait cette déclaration à l’improviste, sans raison apparente. L’avenir allait démontrer le bien-fondé de l’intuition d’Yvan… 

 

Yvan accepta la responsabilité de certains projets dans le cadre de la vérification intégrée de la Défense nationale, dont ceux de l’acquisition des camions ¾ de tonnes, des véhicules blindés légers et des chars d’assaut Leopard, trois projets distincts. L’acquisition des camions nécessita un séjour à l’usine d’assemblage de Bombardier à Valcourt. Yvan séjourna aussi deux semaines à la base militaire de Lahr en Allemagne pour la vérification sur place de la disponibilité immédiate des chars d’assaut légers et des chars d’assaut Leopard dans un contexte de guerre. Notre vérificateur fit un petit saut à Paris pour quelques jours afin d’en visiter les plus grandes attractions dont le Louve, Versailles, les Champs Élysées, Notre-Dame et autres. Sa seule peine fut de faire cette visite seul et de n’avoir pu en partager l’émerveillement.

  

Yvan assuma la coordination et la supervision de la vérification financière de la Monnaie royale canadienne (MRC) pendant quelques années. Au cours de la vérification de fin d’exercice de 1986-1987, le Vice-président des Finances, M. John Uberig, mentionna à Yvan que la MRC désirait combler le poste de Directeur de la vérification interne sur une base permanente et que le processus de compétition était en cours. Il invita Yvan à y participer si le poste l’intéressait. Yvan participa à la compétition et gagna le poste. Il va sans dire que le poste de Directeur comportait beaucoup d’avantages : un siège au Conseil d’administration, l’autonomie budgétaire, la détermination du plan de travail en collaboration avec le Président et le comité de vérification, un salaire au niveau des exécutifs, certains avantages marginaux et une prime annuelle de 6 000 $ liée aux frais légaux.

 

Notre ex-vérificateur externe se présenta donc à la MRC en début d’été 1987 en tant que Directeur de la vérification interne. Il élabora rapidement le plan quinquennal de vérification interne lequel fut approuvé par le comité de vérification en début d’automne. Le plan couvrait tous les domaines importants de la Monnaie, soit les Finances, la Sécurité et les Ressources humaines. Les divisions de Marketing et de Fabrication firent l’objet d’une vérification intégrée conduite par le Bureau du vérificateur général (BVG) à la fin du premier mandat de la vérification interne. Les opérations de la vérification interne furent étroitement coordonnées avec les activités du BVG et ce dernier s’appuyait sur les travaux de la vérification interne dans le cadre de sa vérification statutaire. 

 

Le Directeur de la vérification interne se rendait régulièrement à l’usine de Winnipeg pour effectuer la vérification sur place des pièces justificatives financières et des contrôles entourant la sécurité de l’usine.

 

Une grève longue et acharnée des employés salariés de la MRC vint assombrir le climat serein qui régnait alors à la Monnaie. Les revendications syndicales se situaient au niveau des salaires. Les employés non syndiqués devaient traverser la ligne de piquets de grève soir et matin, ce qui dégénérait souvent en bousculades et quolibets de part et d’autres. Yvan n’y échappa pas. Ce fut une expérience dure et difficile et les deux parties furent soulagées lorsque la grève se termina.

 

Le deuxième Plan quinquennal regroupait essentiellement les mêmes domaines de vérification avec en plus l’environnement. Il s’agissait d’un nouveau domaine de vérification et l’expérience fut très intéressante. Le Directeur forma une équipe de vérification composée d’une avocate, soit le Conseiller légal de la MRC, et d’une ingénieur de la division de Fabrication. Il s’agissait de définir les lois et règlements qui s’appliquaient à la MRC et de vérifier si la Monnaie rencontrait ces exigences. Les principaux secteurs examinés incluaient les émissions de gaz s’échappant des cheminés, les effluents rejetés aux égouts, le transport de produits dangereux et la présence d’amiante. Les résultats furent très concluants et suscitèrent un vif intérêt chez les membres du Conseil d’administration. 

 

La fin du deuxième Plan quinquennal vit aussi le départ du Président de la Monnaie. Ce dernier suggéra à Yvan  d’aller en détachement dans un ministère ou une société d’État afin d’acquérir de l’expérience en gestion financière et en ressources humaines. Il lui assura que son poste ne serait pas comblé en son absence. En 1994, Yvan se dénicha une affectation au Ministère des Travaux publics et des Services gouvernementaux (TPSG), dans un Fonds renouvelable complexe appelé Services gouvernementaux de télécommunication et d’informatique (SGTI).

 

La division des Finances des TPSG avait récemment intégré tous les services liés aux finances. Les services financiers décentralisés de toutes les sections des TPSG qui étaient précédemment sous l’égide des sections tombaient maintenant sous la responsabilité des Finances centrales tout en demeurant décentralisés. Les SGTI formaient l’une de ces sections, mais l’intégration ne s’était pas effectuée. Le responsable des Finances des SGTI s’y opposait et la Haute Direction des SGTI l’appuyait. Or, Yvan venait remplacer ce responsable et lui signifier qu’il se reporterait désormais à lui… Pas facile comme situation... ni avec le responsable des Finances, ni avec la direction qui l’appuyait…  De plus, Yvan ne possédait pas d’expérience en gestion financière, son expertise résidant en vérification. Yvan releva le défi, mais ce ne fut pas facile et ses efforts ne furent pas toujours perçus positivement. Toutefois, le détachement qui devait durer deux ans se prolongea pendant quatre ans.

 

Pendant ce temps à la Monnaie, les choses se corsaient. Sous la gouverne de la nouvelle présidente, la MRC encourut une perte nette de quelque quatre millions de dollars et fut remplacée au début de l’année suivante. La nouvelle présidente avait comme mandat prioritaire de remettre la Monnaie sur la voie de la rentabilité et fit de nombreuses coupures budgétaires au niveau des dépenses, dont l’abolition de la division de la vérification interne. Yvan se retrouvait sans poste, en dépit de l’assurance de l’ancien Président que son poste demeurerait disponible. Lorsque la nouvelle présidente lui communiqua ces informations, elle l’assura qu’il demeurerait sur la paie de la MRC tant et aussi longtemps qu’il serait en détachement, avec tous les avantages liés à son poste de direction à la MRC.

 

Yvan consultait le Dr Thériault régulièrement quant à certains problèmes de santé. Ce dernier confia bientôt à Yvan qu’il dirigeait une Église catholique communautaire située à Hull et dont il était l’évêque. Yvan reprit la pratique religieuse et devint bénévole avec Marie-Andrée à l’archevêché d’Ottawa. Il réalisa rapidement que ce n’était pas ce qu’il cherchait. Il joignit l’Église communautaire de Mgr Thériault et entreprit une licence en théologie dont il termina les deux premières années. 

 

Yvan fut régulièrement reçu dans la Franc-maçonnerie en avril 1998 dans la Loge Lorraine de Gatineau. Il fut élevé au niveau de Maitre en 1999. Il fut aussi admis dans l’Arche Royale en 1999. Il devint Chevalier de l’Ordre du Temple dans le préceptorat d’Ottawa en novembre 2000. Yvan devait se distancer de la Franc-maçonnerie quelques années plus tard… Ce n’était toujours pas ce qu’il cherchait… Mais de quoi était-il donc en quête?

 

En tant qu’évêque ordinaire du Rite catholique-chrétien d’Églises communautaires, Mgr Thériault rétablit en juin 1998 l’Ordre de la Couronne d’Épines (OCÉ), ordre demeuré dormant depuis le décès de l’évêque précédent. Yvan fut sacré Chevalier de l’Ordre lors de la cérémonie de réinstauration et il occupa le poste de Trésorier et d’Intendant de la Commanderie de l’Outaouais. Il accepta aussi les responsabilités de Grand Intendant et de Grand Trésorier au conseil Suprême de l’OCÉ. Compte tenu de ces charges, Mgr Thériault, Abbé de San Luigi et Grand Maître, lui discerna le diplôme et le titre de Doctor Christianissimus (D. Chr.) en juin 2000. Yvan fut aussi admis dans l’Ordre du Lion et de la Croix Noire, institué en 1883 par Mgr Henri de San Luigi.

 

Vers la fin de la quatrième année aux SGTI, soit en 1998, Yvan négocia un nouveau détachement avec l’Agence de logement des forces canadiennes (ALFC). Les responsabilités demeuraient à peu près les mêmes que celles des SGTI, mais Yvan possédait maintenant une expérience considérable en gestion financière. De plus Yvan se bâtit de solides relations avec la Haute Direction.

 

Et puis ce fut le coup de théâtre... la conjointe d’Yvan quitta le domicile conjugal en janvier 2000. Ce fut pour ce dernier une période très difficile. On dit parfois que les événements négatifs attirent d’autres situations négatives. Quelques semaines plus tard, Yvan tomba en rentrant en patins dans la patinoire du canal Rideau et se fit une entorse au bras gauche. De retour au travail, le bras en écharpe, il trébucha dans l’escalier et se frappa le contour métallique d’une marche à l’arcade sourcilière et récolta un généreux œil au beurre noir. Un peu plus tard, il eut la visite de cambrioleurs qui firent main base sur son système stéréophonique ainsi que d’autres menus objets. Par contre, Yvan reçut un appui important des membres de l’Église communautaire et des compagnons de la Franc-maçonnerie. Était-ce une coïncidence que ces groupes de support se soient mis en place de façon tout à fait opportune quelques années avant la séparation? Marie-Andrée revint au domicile quelques mois plus tard. 

 

Yvan négocia en 2001 un nouveau détachement avec le Bureau de l’usage de cannabis pour fins médicales, Ministère de la santé. Les responsabilités incluaient la direction des Finances, des Ressources humaines et de l’Administration. De plus, Yvan agissait en tant que directeur général intérimaire en l’absence de cette dernière.


Lors d’une visite médicale annuelle en août 2001, le médecin de famille mentionna à Yvan que son taux de d’antigène spécifique de la prostate (ASP; PSA en anglais) avait fait un bond de 1.1 à 4.7. Son dossier fut référé à un oncologue qui fit prendre une biopsie. En mars 2002, l’oncologue confirma qu’il s’agissait effectivement d’un cancer de la prostate. Fort heureusement, le cancer s’était contenu à l’intérieur de la prostate. Yvan était âgé alors de 59 ans. Il prit immédiatement un congé de maladie de six mois et il opta pour la retraite par la suite.

 

Yvan recueillit et analysa beaucoup d’information concernant l’incidence, les causes et les traitements du cancer de la prostate. Compte tenu du contexte, deux alternatives s’offraient à lui : la chirurgie (ablation complète de la prostate) ou la surveillance sans intervention drastique à court terme. Étant donné que l’ASP se maintenait aux environs de 4 (si l’ASP est inférieur à 10, il y moins de 5% de risques que les métastases sortent de la prostate). Yvan opta pour la surveillance contrôlée. Cette approche fournissait une excellente opportunité pour les médecines alternatives. De 2002 à 2007, Yvan eut recours aux initiatives suivantes : traitements homéopathiques, différents traitements énergétiques rétablissant le flux de l’énergie, injections massives de vitamine C et d’enzymes, méditation, Yoga et usage continu de plusieurs produits naturels tels que Lycopene, Essiac, Pau D’Arco, palmier nain, Saw Palmetto et autres.   

 

Marie-Andrée décela une bosse sur un sein au début de 2004 et une biopsie révéla qu’il s’agissait d’une tumeur maligne. Une intervention chirurgicale en avril 2004 permit d’enlever la tumeur. Étant donné que les métastases avaient atteint les ganglions, elle reçut une série de traitements de chimiothérapie suivis de traitements de radiothérapie. Une série de coïncidences lui fit découvrir le produit Essiac et ce produit l’aida grandement à contrôler les effets secondaires de la chimio et de la radio. L’approche s’avéra très efficace et cinq ans plus tard, elle était en rémission.

 

Lors d’une rencontre d’Yvan avec l’oncologue en janvier 2007, ce dernier a fait part de ses inquiétudes à notre patient car il ne lui avait pas rendu visite depuis 9 mois. Il était aussi très surpris car le taux d’ASP demeurait stable (6.96 le 11 janvier 07 et 6.73 le 19 mai 06) alors qu’il aurait dû monter. L’oncologue a mentionné à son patient qu’après un an, deux au maximum, le taux d’ASP montait rapidement. En fait, notre retraité était le patient sous surveillance de l’oncologue depuis le plus longtemps!!!... depuis janvier 2002, soit depuis cinq ans. Il trouvait qu’Yvan était très chanceux que son taux d’ASP demeure aussi stable. Mais ce que l’oncologue ne savait pas, c’est que notre patient avait reçu un traitement d’injections de vitamine C et d’enzymes, traitement qu’il recevait pour contrer le taux d’ASP qui avait augmenté à 8.39 et 8.86 suite aux tests d’ASP demandés par l’homéopathe. Le taux d’ASP avait donc effectivement baissé de 8.86 à 6.96 alors qu’il aurait dû monter rapidement. Cette anecdote est très importante car elle permet de tirer les conclusions suivantes des méthodes alternatives que notre patient avait décidé de suivre : les méthodes alternatives ont permis de maintenir le taux d’ASP à un niveau stable pendant cinq ans alors que les autres patients dans la même situation ont connu une augmentation rapide de leur niveau d’ASP après un an ou deux, les forçant à des  mesures plus musclées dont la chirurgie; les injections hebdomadaires de vitamines C et d’enzymes avaient permis de réduire le taux d’ASP de deux points en deux mois.

 

Au cours de la même année, Marie-Andrée et Yvan ont découvert les bienfaits d’un régime complètement végétarien. Il faut savoir que les deux facteurs qui sont le plus en cause dans le développement du cancer sont le sucre et l’acidité sanguine. Or, la consommation de produits animal (viande, poisson, produits laitiers, etc.) rendent le sang très acide. Le livre Le Rapport Campbell (The China Study) du docteur T. Colin Campbell démontre bien cette corrélation : « la preuve de la toxicité des protéines alimentaires étaient si évidentes que nous pouvions à volonté provoquer ou arrêter l’évolution du  cancer en modifiant tout simplement la quantité de protéines dans la nourriture… Nous avons découvert que les protéines n’avaient pas toutes des effets cancérigènes… la caséine , cette protéine qui constitue plus de 87 % des protéines du lait  de vache…  augmente la prolifération des cellules cancéreuses… Les protéines provenant de plantes… ne provoquaient pas le cancer  ».

 

À l’automne 2007, Marie-Andrée et Yvan ont suivi un atelier sur l’alimentation crue. Ils furent convaincus du bien-fondé de cette approche et l’adoptèrent comme moyen de combattre le cancer et de prévenir une récidive dans le cas de Marie-Andrée. Cette dernière acquit beaucoup d’expertise dans ce domaine et devint une personne ressource que les gens consultèrent de plus en plus souvent. Elle donna ensuite des ateliers sur la préparation d’alimentation vivante et le couple organisa des repas partagés (Potluck) à leur domicile.

 

En fin d’année 2009, l’ASP d’Yvan passa un peu au-dessus de 10. Ce dernier ne prit aucune chance et reçut une série de traitements de radiation lesquels se terminèrent en janvier 2010. L’ASP tomba à 0.00 et demeura stable à ce niveau au cours de années suivantes.

 

 

 

 

 

 

 

Dixième génération

 

La dixième génération se divise en deux groupes, soit les deux fils d’Yvan Roger et de Marie-Andrée Arsenault : Éric (Groupe A) et Alexandre (Groupe B) 

 

Groupe A

 

PAUL ÉRIC ROGER

 

Première épouse:    Jennifer Duplantie - Divorce  avril 2011

 

Deuxième épouse : Joulet Garganrossa - Mariage juillet 2012

 

Le 8 octobre 1972 naquit Éric Roger à l’hôpital du Sacré-Cœur de Hull. Il est le fils ainé d’Yvan Roger et de Marie-Andrée Arsenault. Le nouveau-né fut baptisé en décembre 1972, à Hull, en présence de ses parrain et marraine Paul Major, oncle de l’enfant, et Claire Arsenault, sœur de la mère d’Éric.  

 

Éric devait faire son entrée très tôt à l’université! En fait, dès que le congé de maternité de Marie-Andrée prit fin, les parents confièrent le poupon aux bons soins de la garderie coop de l’Université d’Ottawa. À la fin des études universitaires d’Yvan, Éric alla à diverses garderies dont Newin Day Care Center où il apprit son anglais, le Centre des petits sur la rue Preston à Ottawa et autres.

 

Depuis sa tendre enfance, Éric a toujours adoré les sports. Il a suivi des cours de natation très tôt et a gravi les divers échelons très rapidement. Un peu plus tard, il a aussi pris des cours de plongeon. Durant l’adolescence, il a pris des cours de sauveteur pour plages et piscines. Éric a  aussi participé à l’École de hockey très jeune, mais il n’aimait par particulièrement ce sport. Par contre, ça lui a permis d’apprendre à patiner. Il préférait de loin le judo et le karaté. Il s’est mérité la ceinture brune dans cette dernière discipline.

 

Éric entreprit ses études primaires au Lycée Claudel. L’approche du Lycée se voulait alors assez sévère et les élèves se faisaient souvent enguirlander. Éric adorait les sports mais le Lycée ne possédait pas l’équipement et l’espace nécessaires. Notre lycéen n’appréciait guère l’environnement et les succès escomptés n’étaient pas au rendez-vous.

 

Notre étudiant s’inscrivit ensuite en tant que pensionnaire au Collège Bourget (Rigaud)  (1984 – 1991). Il s’éclatât complètement dans les sports et se fit remarquer plus particulièrement au soccer. Il créa une ligue inter collégiale qui réunissait les collèges environnants. Le gagnant se méritait la Coupe de soccer inter collégiale et nul autre que le Collège Bourget se distingua en méritant cette coupe pour la première fois. Les noms des joueurs de cette équipe furent gravés sur la coupe. Éric avait justement pris l’initiative d’acheter cette coupe lors de la formation de la ligue.  

 

Éric s’est efforcé d’appliquer à ses études la confiance en soi qu’il tirait de ses succès dans les sports. Il s’est vite classé parmi les premiers de classe et a obtenu d’excellents résultats scolaires tout au long du secondaire. Au cours des deux dernières années, il venait en aide aux étudiants qui éprouvaient quelques difficultés dans leurs études, spécialement en mathématique.

 

Une fois son secondaire terminé, Éric s’est inscrit au CEGEP Bois-de-Boulogne à Montréal. Il investit alors tous ses efforts dans les cours de premiers soins. Il consolida le groupe de premiers soins du collège et amena le CEGEP à participer à des compétitions inter collégiales. Les membres du groupe s’impliquèrent à fond et le collège se vit discerner le premier prix, fait inusité pour cet établissement. Éric s’absentait régulièrement de  plusieurs cours. Il croyait pouvoir continuer ses succès scolaires avec un effort intense peu avant les examens. Mal lui en prit! Ses notes dégringolèrent, mettant en péril son admission au niveau universitaire. Il travailla d’arrache-pied au dernier trimestre de la deuxième année et réussit à se rattraper suffisamment pour accéder au niveau universitaire.   

 

 Depuis sa plus tendre enfance, Éric a toujours rêvé de devenir médecin. Les résultats scolaires du CEGEP avait quelque peu ébranlé son rêve… Néanmoins, il fut accepté à l’Université d’Ottawa dans un Bach en sciences. Mais Éric avait un plan de match… Il devait d’abord compléter son Bach en science (un pré requis), mais en prenant les cours difficiles (comme ceux en sciences) la première année et garder les cours faciles pour la troisième année, la raison étant que la pondération des notes pour l’admission en Médecine était beaucoup plus élevée pour les derniers cours du Bach que pour les premiers. 

 

Et le plan de match d’Éric a fonctionné! Notre étudiant a complété son Bach en sciences (1993 – 1997) et a été reçu l’automne suivant à la faculté de médecine de l’Université d’Ottawa au niveau du doctorat. Il va sans dire qu’Éric aimait beaucoup les cours magistraux et les ateliers. Mais ce qu’il adorait tout particulièrement était d‘apprendre l’anatomie de façon concrète à travers la dissection méticuleuse de cadavres.

 

Éric a rencontré Jennifer Duplantie en 1993 alors qu’il travaillait en tant que sauveteur à la piscine d’un projet de condominium. Il avait le béguin pour Jen et celle-ci est bientôt devenue son amie de cœur et sa compagne. Jen a assisté Éric dans tous ses projets : sauveteur et plus tard coordinateur des sauveteurs à la plage du Lac Philippe (Parc Gatineau);   patrouilleur  (premiers soins) et plus tard coordinateur des patrouilleurs sur le Canal Rideau (Ottawa), la plus longue patinoire extérieure au monde; projet de recherche durant la spécialisation et bien d’autres. Ils ont débuté leur vie commune au début du doctorat et se sont fiancés peu après à Venise (Italie).

 

Éric compléta les travaux et examens du doctorat avec succès et gradua au printemps 1997. Notre docteur présentât alors une demande de spécialisation en orthopédie. Il s’intéressait beaucoup aux problèmes d’ossature liés à la colonne vertébrale. Malheureusement sa demande ne fut pas acceptée. Il prit alors contact directement avec certaines universités dont celle de McGill (Montréal) pour prendre connaissance des disponibilités. À son grand étonnement, ce centre très réputé lui proposa une spécialisation en neurochirurgie. Éric a présenté une demande formelle pour cette spécialisation et sa demande fut acceptée. Il réussit sa spécialisation avec brio.

 

Éric a effectué un “post doc” au University Hospital Case Medical Center, à Cleveland. Il s’est spécialisé dans la chirurgie de la colonne vertébrale (2002 – 2004). Éric avait de la suite dans les idées…

 

Peu après son arrivée à Cleveland, Éric a épousé Jennifer Duplantie le 5 juillet 2003 à Aylmer (Québec). Jennifer est la fille de Gilles Duplantie et de Leslie Shultz. Alexandre, le frère d’Éric, agit en tant que garçon d’honneur durant la cérémonie.

 

Le 2 février 2005, Jennifer et Éric furent comblés par l’arrivée de deux petits anges, deux jumeaux fraternels, qu’ils prénommèrent Gabriel et Angélie. Ils sont nés à Cleveland et furent baptisés à Ottawa en juillet 2005.

 

En 2005, le Gates Hospital à Buffalo accueille Éric en tant que Neurochirurgien et adjoint professeur à l'Université de Buffalo. Il était certifié  par le Board en neurochirurgie et a complété un fellowship de deux ans dans la chirurgie de la colonne vertébrale au Cleveland Clinic Spine Institute. Il a acquis une expertise spécifique dans une technique chirurgicale moins invasive. En tant qu’assistant- professeur au UB Medical School, Éric s’est dévoué à la formation et à l’éducation des résidents en neurochirurgie et des étudiants en médecine. Éric a fait de fréquentes présentations et il s’est vu discerner de nombreux prix et il a autorisé de nombreux articles de journaux et publications. Il a été particulièrement fier de se mériter le Patient's Choice Award et le Compasionnate Doctor Recognition. Sa pratique clinique est centrée sur les maladies vertébrales des régions cervicales, thoraciques et lombaires.

  

Au cours de la vie commune de Jennifer et Éric à Buffalo et Cleveland, la relation des deux conjoints devint tendue et difficile, et un divorce fut décrété à Buffalo le 9 avril 2011. Les deux parents obtinrent la garde partagée des deux enfants.

 

Au cours du développement de sa Clinique médicale, Éric fit la connaissance d’une amie très spéciale… Comme dans les contes de fées, la romance devint réalité… Les parents et amis furent cordialement invités à partager le bonheur des deux tourtereaux a l’occasion du mariage de Joulet M. Gangarossa et Éric P. Roger le 13 juillet 2012. Joulet est la fille de Calogero Mario Gangarossa et Déborah Lee King. Le père d’Éric, Yvan Roger, agit en tant que témoin du marié. Le mariage et la réception se tinrent au Château des Charmes Winery, Niagara-on-the-Lake, Ontario, Canada.

Éric ouvrit sa propre clinique de neurochirurgie vers la fin de 2013 avec son épouse Joulet, une infirmière diplômée, qui devint responsable de la gérance de la clinique. Éric suivait les avis qu’il donnait à ses patients : pour vivre une vie qui soulage la douleur et prévient la maladie, on doit faire certains changements dans sa vie quant à son style de vie, sa nutrition, l’activité physique et le contexte émotionnel et spirituel. Toutefois, lorsque des douleurs persistantes au dos deviennent un problème sérieux, on doit prendre les mesures appropriées et consulter un spécialiste de la santé auquel on a confiance, ce qui inclut des médicaments non narcotiques, voir un physiatrie, un thérapeute physique et/ou un chiropraticien. Si ces traitements ne fonctionnent pas, la chirurgie devient l’option suivante. La Clinique d’Éric est située au 700 Michigan Ave, Suite 210, Buffalo. NY.

 

 

Groupe B

 

MICHEL ALEXANDRE ROGER ET JESSICA ROCHETTE

 

Alexandre vit le jour le 25 novembre 1978 à l’hôpital du Sacré-Cœur de Hull. Il est le fils cadet d’Yvan Roger et de Marie-Andrée Arsenault. Helen Arsenault, sœur de la mère d’Alexandre, et Michel Grieber, conjoint de Helen, ont agi en tant que marraine et parrain du poupon lors du baptême du nouveau-né peu après la naissance en l’église de Saint-Gabriel de Gloucester (Ottawa).

 

La  nuit avant l’accouchement, le travail n’avançait pas et le gynécologue constata que le fœtus présentait des symptômes d’arythmie cardiaque. On procéda très rapidement à une césarienne et Alexandre naquit tôt le lendemain matin. Il devait demeurer dans un incubateur pendant une semaine à l’hôpital, pour fin de prévention. Ces troubles d’arythmie n’ont jamais présenté de séquelles par la suite. 

 

Étant donné que les deux parents travaillaient, Alexandre alla à différentes garderies après le congé parental. Il se plut beaucoup au Centre des petits sur la rue Preston et il alla ensuite au Lycée Claudel pour la pré-maternel et la maternelle. Il voyageait en autobus sous la guidance de son frère Éric.

 

Il fit ses études élémentaires à l’École des Voyageurs sur la rue du même nom. Notre étudiant en herbe avait un goût prononcé pour la gent féminine. L’institutrice avisa les parents qu’un beau matin qu’Alexandre avait donné un dollar à chaque fille qui le voulait pour les embrasser…  L’histoire fit rapidement le tour de l’école…  

 

Notre Don Juan allait chez une gardienne tout près de l’école le midi et à la fin des cours. Il ne s’y plaisait guère et l’avait mentionné à ses parents qui n’y voyaient qu’un caprice passager. De son propre chef, Alexandre se trouva une gardienne (Mrs. Carter) sur la rue Raftsman où il demeurait. La dame était anglophone et il y avait plein de petits gars avec qui jouer dans la maison. Alexandre était au comble du bonheur et apprit rapidement l’anglais de surcroit.   

 

Alexandre adorait la danse dès sa plus tendre enfance. Il dansait souvent devant son oncle Michel et lorsque ce dernier prêtait son attention à autre chose, il lui tenait la tête entre ses deux mains et lui disait « garde, oncle Michel, garde Alexandre danser ». Il prit des cours de ballet-jazz pendant plusieurs années et aimait se produire en spectacle. 

 

Notre danseur aimait beaucoup la natation aussi et devint un très bon nageur. Il suivit ensuite les cours de sauveteur pour les piscines et les lacs et rivières, ce qui lui procura un travail rémunérateur et prestigieux lors de l’adolescence. Les jeunes filles se pâmaient pour les beaux sauveteurs au Lac Philippe  Il occupa ensuite le poste de coordinateur des plages, ce qui incluait l’embauche, la formation et la coordination des sauveteurs. Il prit ses responsabilités à cœur et ce fut là une très bonne expérience pour lui. 

 

Alexandre effectua ses études secondaires au Collège Bourget à Rigaud (1991-92 à  1996–1997).  On ne peut dire que l’idée de pensionnat lui plaisait particulièrement, mais il y voyait des opportunités qu’il ne voulait pas manquer. L’avenir allait lui donner raison.

 

Alexandre alla ensuite au CEGEP St-Jean de Brébeuf (Montréal) pour la première année collégiale et termina ses études collégiales à Hull.

 

Notre collégien travailla en tant que patrouilleur sur le Canal Rideau pour quelques années. Le travail consistait à fournir les premiers soins aux gens qui s’étaient blessés en patinant sur le Canal.

 

Alexandre entreprit et complétât un Bach avec spécialisation en psychologie à l’Université d’Ottawa. Il commença ensuite une maîtrise en Sciences Sociales à temps plein et la compléta à temps partiel alors qu’il était à l’emploi de la Chambre des Communes.


La thèse de maîtrise cherche à faire le point sur la paternité moderne en observant son histoire et son évolution. Alexandre aborde les courants de pensée sur le rôle de la paternité en touchant le passage du père passif et absent à la nécessité du père présent. Il traite ensuite de l’évolution du rôle des pères au cours des dernières années et des limites du rôle de père moderne. Finalement, le mémoire porte sur la place des pères en périnatalité.

 

Note maître en devenir a d’abord joint la Chambre des Communes à temps partiel en tant que messager et a ensuite accepté un poste à temps plein en tant que technicien en informatique.

 

Lors du souper du jour de l’An chez son frère Éric à Montréal en 2002, Alexandre rencontra l’élue de son cœur, Jessica Rochette. Le couple d’amoureux s’est par la suite installé dans un appartement de la rue Gréber à Gatineau. 

 

Nos tourtereaux ont reçu un merveilleux cadeau en février 2004: Jessica était enceinte… Elle a donné naissance à leur fille première née, Kamilia, le 4 novembre 2004 à l’hôpital de Gatineau.

 

L’heureux père posa sa candidature pour un poste de greffier à la Chambre des Communes, un poste très prestigieux, et obtint une entrevue. Il décrocha le poste à sa grande satisfaction et au plus grand plaisir de ses parents et amis. Le greffier à la procédure donne des avis et de l’information sur toute une gamme de procédures, pratiques, privilèges et précédents parlementaires, en plus de procurer un soutien administratif, logistique et technique aux activités parlementaires. Le greffier à la procédure a la responsabilité de fournir des avis sur les usages au Parlement et des questions de procédure à une clientèle de prestige, dont des députés et des présidents de comités ou d’associations parlementaires.

 

Alexandre épousa Jessica le 19 mai 2007. Il s’agissait d’un mariage légal qui a pris place à la résidence du couple en présence des  parents, oncles et tantes, cousin(e)s ainsi que des ami(e)s du couple. Jessica et Alexandre s’aimaient tellement qu’ils se sont mariés deux fois!... Le mariage formel s’est tenu sur une plage ensoleillée de Cuba en juillet 2007. Le père de la mariée agissait en tant que témoin et le frère d’Alexandre, Éric, était garçon d’honneur. Les parents des  nouveaux mariés assistaient au mariage. 

 

Les parents originaux de Jessica sont Bonromé Conrade Rochette et Barbara Ann Bedford. Cette dernière obtint son divorce de cette première union et se remaria avec Marcel Arsenault lequel adopta les deux enfants de Barbara, Jessica et Robert. Or, Marcel est le frère de la mère d’Alexandre, Marie Andrée Arsenault. Marcel devint donc par conséquent le beau-père d’Alexandre, tout en étant déjà son oncle... et Alexandre a épousé sa cousine par alliance! 

 

Les nouveaux mariés eurent une autre plaisante surprise au début d’août 2007. Jessica était enceinte… Elle donna naissance à une merveilleuse fille, Océanne, le 6 mai 2008 au centre  hospitalier de Gatineau.     

 

 

 

Onzième génération

 

Group A

 

GABRIEL JULIEN ROGER ET ANGÉLIE JADE ROGER

 

Gabriel et Angélie sont des jumeaux fraternels nés le 2 février 2005 à Cleveland (USA). Ils sont le garçon et la fille d’Éric Roger et Jennifer Duplantie. Gabriel est né à 22h49, pesait 7 livres et 14 onces et mesurait 19.75 pouces tandis que sa sœur Angélie est née à 22h51, pesait 5 livres et 14 onces et mesurait 19.25 pouces. Les parrain et marraine de Gabriel furent Alexandre Roger et Jessica Rochette. Les parrain et marraine d’Angélie furent Alycia Duplantie et Roy Piekenbrock.

 

Group B

 

KAMILIA ROGER ET OCÉANNE ROGER

 

Kamilia Roger est née le 4 novembre 2004 à l’Hôpital de Gatineau. Elle est la fille aînée d’ Alexandre Roger et de Jessica Rochette (Bedford). Les parrain et marraine du poupon furent Éric Roger et Jennifer Roger (Duplantie).

 

Depuis la tendre enfance de Kamilia, ses parents ont souvent noté qu’elle semblait être distraite. L’apprentissage du langage, par exemple, semblait plus long que la norme. Elle revenait à la réalité quelques instants plus tard, sans changement notable. La fréquence de ces moments a augmenté dans sa cinquième année, au point que les préposés à la pré-maternel en ont avisé les parents. Ces derniers ont rencontré une neurologue pour fin de suivi, laquelle a émis un diagnostique appelé épilepsie d’absence en mai 2010. Ce type d’épilepsie survient uniquement durant l’enfance, entre l’âge de 5 ans à 10 ans. Elles durent  de quelques secondes à quelques minutes et peuvent s’accompagner de brefs battements de paupières. La personne perd le contact avec la réalité et ces crises peuvent facilement passer inaperçues ou se confondre avec de l’inattention. Il y a plus de 60% de chance que ces crises d’absence disparaissent à l’âge de la puberté mais 40% que ce type d’épilepsie dégénère en crise généralisée.

 

Suite au diagnostic porté en mai 2010, Kamilia a commencé à prendre 2 ml d’Éthosuximide (Zarontin) le matin et 2 ml le soir. La dose augmenta jusqu’à 3ml matin et soir en janvier 2011. Le médicament réussit à mieux contrôler les crises, diminuant ainsi les instances et la longueur de celles-ci. Les apprentissages de Kamilia suite à ce médicament sont immédiats; son langage s’améliore et elle reprend vite le temps perdu.

 

 

Océanne Roger est née le 6 mai 2008 à l’Hôpital de Gatineau. Elle est la fille d’ Alexandre Roger et de Jessica Rochette (Bedford). Les parrain et marraine de l’enfant sont Anne Catherine Arsenault et Steve Arsenault.

 

Dès sa plus tendre enfance, on reconnaissait chez Océanne les traits d’une personne forte, dynamique et pleine d’énergie. Elle sait ce qu’elle veut… et elle veut ce qu’elle sait! Elle ne marche pas… elle court! Il sera intéressant de voir jusqu’où cette course va la mener plus tard…

 

 

 

 

 

Yvan Roger